• Le syndicalisme au service du politique : Mélenchon veut marquer le point

    11 Avr 2018

    À lire sur Rapports de force :

    Le syndicalisme au service du politique : Mélenchon veut marquer le point

    Jean-Luc Mélenchon réunit syndicalistes et associations autour de lui à Marseille pour une manifestation  » anti-Macron  » le 14 avril, et se positionne en l’alternative politique de remplacement d’un gouvernement jugé fragile, quitte à donner pour fonction au syndicalisme de se mettre au service de son dessein politique

     

    Par Groupe Un Autre Futur Articles externes
  • Pourquoi manifester les 14 et 19 avril ?

    Pourquoi manifester les 14 et 19 avril ?

    11 Avr 2018

    Un printemps de luttes sociales est nécessaire !

    Ces dernières semaines, de légitimes colères s’expriment et la contestation monte dans de nombreux secteurs professionnels, dans le privé comme dans le public, face à une pluie de réformes, aux attaques sociales, aux restrictions budgétaires, aux licenciements, aux suppressions de postes, de services, de structures. Le gouvernement veut démanteler la SNCF, la santé publique, la justice, l’éducation nationale, le secteur social. Les réformes sont menées au pas de course, parfois en procédure accélérée ou à coups d’ordonnances et de décrets. La logique est claire : destructions des protections salariales et sociales, privatisation de tous les services publics, maximisation des profits du patronat et des actionnaires au détriment du plus grand nombre. Avec pour corollaires, la détérioration de nos conditions de vie et de travail, et la généralisation de la précarité. Nous sommes bien tou-te-s touché-e-s, tou-te-s concerné-e-s ! Ne nous laissons pas diviser, organisons-nous et convergeons pour opposer notre résistance à l’État et au patronat, et faire aboutir nos revendications.

    Ce qui va se passer si nous ne faisons rien : quelques exemples parmi d’autres

    À Carrefour, dans le secteur de l’énergie, à la Poste, les salarié-e-s se mobilisent contre licenciements, les suppressions de poste et restructurations à tout va, qui dégradent toujours davantage leurs conditions de travail.

    L’agenda Action publique 2022 visant les salarié-e-s de la Fonction publique prévoit la suppression massive de 120 000 postes, l’emploi de contractuel-le-s, le gel du point d’indice, la suppression du jour de carence, la rémunération au mérite.

    Dans les hôpitaux, 22 000 postes ont déjà été supprimés depuis 2015 et 16 000 lits ont été fermés. Restrictions budgétaires colossales, mise en concurrence des établissements entre eux, tarification à l’acte, politiques fiscales vidant les caisses de la sécurité sociale… Partout, des services hospitaliers se mobilisent, dénonçant la dégradation des conditions de travail, ainsi que le manque de moyens et d’effectifs pour assurer leurs missions. De même dans les EHPAD, où les situations catastrophiques conduisent à l’épuisement du personnel et à des formes de maltraitance institutionnelle. Le secteur social fait face aux mêmes difficultés, et a été particulièrement impacté cette année par la suppression des CAE, sans ouverture de postes avec des contrats plus protecteurs.

    La réforme de la SNCF vise à ouvrir à la concurrence le transport ferroviaire des personnes, étape décisive vers la privatisation du rail, avec pour conséquences, entre autres, la dégradation de travail des cheminot-e-s, l’explosion du prix des déplacements, le renforcement des inégalités territoriales par la fermeture des petites lignes et de gares. Si la réforme passe, plutôt que de répondre aux besoins de déplacements de la population et d’assurer sa sécurité, ce seront bien les logiques de rentabilité et de maximisation des profits, au bénéfice des futurs patrons et actionnaires, qui domineront, au détriment du plus grand nombre.

    Les universités fonctionnent depuis 5 ans à budget constant alors qu’elles ont accueilli 200 000 étudiant-e-s en plus. La loi ORE réformant l’accès à l’enseignement supérieur, et son outil « Parcoursup », la plateforme sur laquelle les lycéen-ne-s ont dû déposer leurs vœux quant à leurs futures études, organisent le tri et la sélection des jeunes bachelier-ère-s. En fermant l’accès à l’université aux jeunes orienté-e-s très tôt vers des voies professionnelles courtes, majoritairement issus des classes populaires, à ceux/celles qui n’ont pas les résultats escomptés, qui ne sont pas dans les « bons » lycées, elle vient renforcer la reproduction sociale, tout comme la réforme du lycée et du bac en préparation. Derrière ces mesures, ce qui est visé, c’est bien la casse de l’éducation publique pour favoriser le développement du marché privé. Les entreprises d’aide à l’orientation, les écoles et formations privées se multiplient déjà ! A l’université, les filières sélectives, au coût très élevé, délivrant des diplômes d’établissement, vont se développer. Les étudiant-e-s, face aux hausses exorbitantes des frais, seront incité-e-s, voire contraint-e-s, à contracter des prêts auprès des banques. Quoi de mieux que des individus endettés pour faire accepter des conditions de travail les plus dégradées !

    La réforme de la justice va généraliser la numérisation pour pouvoir dématérialiser, privatiser et déjudiciariser à outrance. Porter plainte pourra se faire via internet, plus besoin de parler à quelqu’un, comme à Pôle Emploi. Des plateformes de résolution des litiges, en ligne, seront confiées à des boîtes privées. Pendant ce temps, l’État va faire des économies sur les salaires en supprimant des postes.

    La loi « Asile et immigration », en cours d’examen, durcit encore la législation contre les personnes migrantes et les criminalise toujours plus. Elle vise à retreindre drastiquement leur possibilité de déposer une demande d’asile, à les expulser toujours plus vite et davantage, bref, à les condamner à leur exploitation, à la misère, aux violences et à la mort.

    L’État et le patronat veulent nous monter les un-e-s contre les autres

    Pour parvenir à ce plan social géant, les gouvernements successifs souhaitent faire intégrer dans la société, les valeurs de méritocratie, de sélection et de mise en concurrence comme quelque chose de juste. Que ce soient à travers des concours, des dossiers de sélection, des primes au mérite, des fonds octroyés à certains établissements ou pôles d’excellence, la logique est la même et permet que la réussite de certains justifie la mise sur le carreau de pans entiers de la société. La question des inégalités sociales et de leur reproduction est volontairement absente des discours. La division entre travailleurs-euses du public et du privé, chômeurs-euses, sans papiers, etc. est aussi un instrument classique pour tirer les conditions de travail et de vie vers le bas du plus grand nombre. Face à la guerre du tou-te-s contre tou-te-s, opposons notre solidarité et faisons converger nos luttes !

    La convergence des luttes, une nécessité pour amplifier la contestation

    A Montpellier et dans d’autres villes, étudiant-e-s, enseignant-e-s et personnels de l’université se battent pour dire non à la loi ORE et son modèle de société. Conscient-e-s de la nécessité de lutter sur tous les fronts avec l’ensemble des secteurs professionnels mobilisés, ils soutiennent activement la grève des cheminot-e-s. Dans de nombreuses villes, des Assemblées Générales inter-professionnelles voient le jour. Des jonctions se font avec des bouts de résistance déjà existantes dans la société : ainsi les luttes entamées de longue date pour dénoncer les politiques migratoires et refuser la loi « Asile et immigration » se joignent aux autres composantes du mouvement social.

    Deux dates importantes : les samedi 14 et mardi 19 avril

    La première correspond à l’appel national du mouvement étudiant à venir manifester à Montpellier, pour dénoncer également l’agression des étudiant-e-s occupant un amphi par un commando armé, dont certains membres sont toujours en poste à la fac de droit et ne sont pas mise en examen. Le collectif Migrants Bienvenue 34, mobilisé également ce jour-là pour dénoncer les accords Dublin, les expulsions et le projet de loi « Asile et immigration », appelle à rejoindre le cortège des étudiant-e-s pour faire converger les luttes.
    La seconde, le jeudi 19 avril, est celle d’un appel interprofessionnel pour rassembler tous les secteurs mobilisés et faire converger les luttes.

    Construisant dès maintenant un autre projet de société, égalitaire et libertaire

    Des foyers de résistance et de solidarité directe existent face à un système qui ne cesse de broyer l’ensemble des solidarités sociales. Dans l’occupation d’une université comme dans un mouvement de grève, des choses s’apprennent et s’expérimentent qui donnent de la force parce que des rapports collectifs solidaires existent, qu’on peut y faire l’expérience d’une démocratie directe. En auto-organisant nos luttes et en élaborant collectivement nos revendications et modes d’action, nous pouvons commencer à construire un projet de société, basé sur l’autogestion, la démocratie directe, l’égalité économique et sociale et faire vivre le communisme libertaire.

    Groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes Anarchistes

     

    Prochains rendez-vous :

    Manifestation pour le retrait de la loi « asile et immigration » :
    Samedi 14 avril – Départ à 14 h 30 du Plan Cabanes
    La manifestation rejoindra à 15h30 au Peyrou la manifestation nationale contre la casse de nos droits sociaux et politiques : https://www.facebook.com/events/441871739566090/

    Jeudi 19 avril : Journée de mobilisation interprofessionnelle et de convergence des luttes !
    Manifestation à Montpellier – Départ à 14h du Peyrou

     

    Par Groupe Un Autre Futur Luttes Sociales
  • Ne laissons pas les fascistes attaquer nos résistances ! Auto-défense et riposte sociale !

    Ne laissons pas les fascistes attaquer nos résistances ! Auto-défense et riposte sociale !

    11 Avr 2018

    Le local de la CNT 69 a subi une attaque fasciste dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 mars : les locaux ont été détériorés et du matériel militant a été dérobé1.

    La Coordination des Groupes Anarchistes dénonce avec la plus grande vigueur cette agression et affirme sa solidarité aux camarades de la CNT 69.

    Cette dégradation s’inscrit dans un contexte où plusieurs locaux et militant-e-s libertaires ont été pris pour cible : soirée organisée par la Fédération Anarchiste de Chambéry le 20 octobre dernier2, attaque de la Plume Noire, librairie du groupe de Lyon de la Coordination des Groupes Anarchistes3 ou de Radio Canut pour ne citer que les exemples les plus récents. Toujours sur Lyon, les locaux du PCF ont également subi une attaque en mars dernier et on a assisté à plusieurs agressions et provocations lors de manifestations de soutien aux réfugié-e-s.

    Plus globalement, et au niveau national, la violence des groupes fascistes s’amplifie à l’encontre de tous ceux et toutes celles qu’ils considèrent comme des menaces à leur vision du monde : minorités, militantes et militants du mouvement syndical, féministe, antiraciste, LGBT et progressistes.

    Ces dernières semaines, dans un contexte de frémissement social, les attaques fascistes se sont multipliées contre les lycéen-ne-s et les étudiant-e-s en lutte. Si le « déblocage » de la fac de droit de Montpellier par des nervis cagoulés a fait la « une » des médias, les agressions fascistes à Lille, Strasbourg et au Lycée Autogéré de Paris ou encore à Tolbiac (Paris-1) ont été nettement moins médiatisées. Plus récemment encore, des militants d’extrême-droite ont tenté de faire pression sur les Assemblées Générales de plusieurs universités parisiennes (dont Tolbiac – Paris 1 encore, où des insultes antisémites ont été retrouvées sur les murs) et ailleurs (Angers). Au Mans, le local du syndicat étudiant a été l’objet de dégradations signées par l’extrême-droite.

    Les semaines qui viennent seront marquées, nous le souhaitons et nous y travaillons, par d’importantes luttes sociales. En s’attaquant physiquement aux mouvements sociaux et à leurs principaux animateurs et animatrices, les fascistes ne font là que jouer leur rôle historique : celui d’un courant politique qui a toujours défendu les intérêts de la bourgeoisie et qui est son ultime recours pour briser les résistances des classes populaires et créer des divisons en leur sein. Dès lors, on comprend mieux pourquoi l’État et sa justice sont souvent complaisants avec les fascistes ; nous ne saurions compter sur les institutions pour parer aux attaques fascistes. Au contraire, nous devons au plus vite organiser et mettre en œuvre l’auto-défense de ceux et celles qui luttent.

    Dès que les luttes sociales prennent de l’ampleur, les faux-nez sociaux des fascistes tombent. La meilleure parade au développement des courants fascistes reste la construction du rapport de force face au patronat et à l’État. Aussi, c’est bien l’élargissement des résistances en cours (notamment des cheminot-e-s, des étudiant-e-s, des personnels de santé et des occupant-e-s de la zad) que nous devons viser : stoppons la régression sociale et les politiques racistes de l’État qui font le lit du fascisme, construisons une riposte sociale d’ampleur dans les semaines qui viennent !

     

    La Coordination des Groupes Anarchistes,
    le 11 avril 2018

     

    1 : http://www.cnt-f.org/cnt69/attaque-fasciste-contre-le-local-de-la-cnt-rassemblement-mercredi-4-avril-a-18h/

    2 : http://www.c-g-a.org/content/nouvelle-attaque-fasciste-sur-une-soiree-militante-solidarite

    3 : http://www.c-g-a.org/content/attaque-fasciste-lyon-sur-la-croix-rousse-et-contre-la-librairie-libertaire-la-plume-noire

    Par Groupe Un Autre Futur Communiqués CGA

Agenda