Anti-patriarcat

  • Halte à l’anti-féminisme, à l’homophobie et à la transphobie ! Les problèmes que posent le discours d’Alexis Escudero sur la PMA

    16 Déc 2014

    Le livre « La reproduction artificielle de l’humain », ainsi que les propos d’Alexis d’Escudero ne constituent pas un ensemble d’informations sur la Procréation Médicalement Assistée (PMA) permettant un réel débat autour de cette question. Au contraire, son discours est d’une grande violence pour les féministes, les homosexuels, les lesbiennes et les personnes trans-identitaires, semant beaucoup de confusion et développant des thèses réactionnaires.

    Abordant le débat sous le seul angle de la technique et de ses dérives, il oublie la réalité des personnes concernées et les vrais enjeux politiques liés aux techniques de PMA : question de la filiation et de la parentalité, les conditions pour un accès égal aux techniques de PMA, les difficultés éprouvées par les personnes dans un parcours de PMA (accès à l’information, pouvoir médical, conséquences sur le corps des femmes…).

    Alexis Escudero occulte les rapports de domination des hommes sur les femmes et l’homophobie qui caractérisent la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Il livre une vision conservatrice de la famille et des rapports hommes-femmes et assimile les critiques de l’essentialisme menée par les féministes au souhait d’une « uniformisation biologique des individus ». Il promulgue ainsi une peur de l’indifférenciation des sexes, de la même manière que les discours conspirationnistes antiféministes et homophobes.

    S’il s’oppose à la PMA pour tout le monde, il rejette particulièrement son ouverture aux couples de lesbiennes, qui marquerait le passage vers une PMA qu’il qualifie « de convenance », terme similaire utilisé par les réactionnaires anti-avortement qui parlent d’« IVG de confort » pour limiter l’accès à l’avortement. L’auteur nie ainsi complètement l’inégalité des droits que constitue l’accès à la PMA pour les couples hétéros mais pas pour les couples de lesbiennes.

    Les luttes féministes sur la question de réappropriation des femmes de leurs corps et de leurs choix de vie sont détournées par l’assimilation de l’avortement et de l’ensemble des techniques de PMA à des méthodes eugénistes. De plus, il hiérarchise les luttes et les oppose, en réduisant systématiquement l’égalité des droits et les questions LGBT à des « hochets sociétaux » à la solde des intérêts marchands. Le texte déploie des généralités et caricature les luttes LGBT qui représenteraient un dangereux et puissant lobby.

    Plutôt que de s’intéresser aux usages sociaux réels des techniques, ses thèses sont assénées sur un ton prophétique, partant dans une science-fiction du pire. Escudero apporte ainsi beaucoup de confusion dans une période où nous aurions surtout besoin de clarifier certains débats sur le sexisme, l’homophobie et le transphobie. Au nom de la lutte contre le capitalisme et pour une Nature essentialisée, il rejoint des arguments de la « Manif pour tous ». D’ailleurs, des sites d’extrêmes droites ont relayé ses propos et se sont appuyés dessus pour justifier leurs positions.

    Face à la remontée de l’anti-féminisme, de l’homophobie, de la lesbophobie et de la transphobie, dans « La Manif Pour Tous » mais également dans l’ensemble de la société, nous invitons surtout à la vigilance envers les discours confusionnistes qui se propagent de toute part.

    Le groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes Anarchistes

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    Par Groupe Un Autre Futur Anti-patriarcat
  • Après les retraites, l’IVG menacée : ce sont encore les femmes qui trinquent !

    01 Nov 2010

    De régressions en régressions…

    Comme tous les services publics, les services de santé sont victimes de la logique économique capitaliste. Avec pour seul objectif la rentabilité au détriment d’un service gratuit et accessible à toutes et tous, la loi Bachelot prévoit la restructuration des hôpitaux, la limitation des actes chirurgicaux non rentables et des suppressions de personnel. Cet enterrement de l’hôpital heurte de plein fouet les centres IVG. Il se traduit par un travail à la chaîne impliquant une véritable déshumanisation des soins (retard dans les rendez-vous et dépassement inévitables des délais, accompagnement impossible pour celles et ceux qui le souhaitent…)
    Les femmes les plus démunies et les plus jeunes sont les premières victimes de cette régression, puisqu’il est bien plus difficile pour elles d’accéder à l’information et aux soins. De même, aller avorter en Espagne ou en Angleterre où les délais ne sont pas les mêmes, est beaucoup trop onéreux et reste donc réservé aux femmes qui en ont les moyens financiers . Dans ce domaine aussi, les inégalités économiques et sociales sont flagrantes et insupportables.

    Nous voulons disposer de nos corps comme bon nous semble

    Cependant, la question n’est pas seulement économique. La stigmatisation, la culpabilisation sont autant de pressions morales et sociales exercées sur les femmes. En condamnant fermement l’IVG, toutes les religions, alliées du pouvoir, alimentent cette culpabilisation et les lobbying religieux ne semblent pas perdre de leur vigueur (Sarkozy bénéficie des sollicitudes du pape, des députés ont déjà tenté de donner un statut au fœtus…). Nous avons toutes et tous intérêt à nous émanciper des valeurs conservatrices, relayées à travers des institutions ou des normes sociales telles que la famille, le mariage ou l’hétérosexualité.
    Contre ces pressions les femmes doivent pouvoir décider pour elles-mêmes.
    C’est à elle de choisir dans quelles conditions elles veulent ou non être mère et dans quelle sexualité elles veulent s’épanouir. Car il s’agit bien d’une question de choix et non de rôles sociaux ou pire,de « destinée ».
    On l’a déjà dit, on veut choisir !
    Avortement, contraception libres et gratuits !

    VENEZ AU RASSEMBLEMENT LE SAMEDI 06 NOVEMBRE A 14H PLACE DE LA COMÉDIE

    Premiers signataires : AL 34, CGA 34, CNT – UL 34, FASE, NPA 34, Pink Freaks, Sud Étudiant, des individu-es.

    Par Groupe Un Autre Futur Anti-patriarcat
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