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  • Non à la saison croisée « France-Israël » !

    Non à la saison croisée « France-Israël » !

    02 Juin 2018

    Le 5 juin prochain, commencera la saison « France-Israël ». A cette occasion, Emmanuel Macron recevra Benyamin Netanyahou, premier ministre d’Israël, alors que les forces armées ont réprimés dans le sang des manifestations de civils palestiniens. Une manifestation est appelée le 5 juin à 18h30, nous vous transmettons l’appel dont nous sommes signataires:
    SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN
    NON A LA SAISON CROISÉE « FRANCE-ISRAËL »
    MARDI 5 JUIN 18H30
    Place de la Comédie MONTPELLIER
    Il n’y a pas de « conflit israélo-palestinien ». Derrière cette formule trop souvent employée, se cache une autre réalité. Celle d’un état sur-armé qui, après avoir violemment chassé de leurs terres des centaines de milliers de palestinien-es en 1948, après avoir envahi militairement la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem en 1967 lors de la « guerre des 6 jours » pour les coloniser, se permet maintenant d’estropier et de tuer des milliers de civils désarmés qui ne font que réclamer un juste droit : celui de pouvoir retourner vivre sur les terres dont ils ont été chassés. Un état qui depuis sa création bafoue systématiquement le droit international et piétine les droits humains les plus élémentaires.
    L’état israélien ne peut agir ainsi sans le soutien et le silence complice des grandes puissances. Soutien direct des États Unis qui installent leur ambassade à Jérusalem, soutien honteux de l’état français qui tout en ayant fermement condamné les violences commises par les forces armées israéliennes contre les manifestants palestiniens à Gaza », s’apprête à recevoir Netanyahou pour lancer en commun la « Saison France-Israël » dont le but officiel est de « /resserrer les liens entre la France et Israël dans tous les domaines de la recherche, de l’économie, de la vie sociale et des arts/ ». Ce qui, dans les circonstances actuelles, se résume tout simplement à une tentative de redorer le blason de l’État d’Israël et de l’absoudre de ses crimes.

    *Les organisations soussignées tiennent à affirmer leur solidarité avec le peuple palestinien, en particulier pour le droit au retour des réfugié-es sur leurs terres.

    *Elles demandent l’arrêt de toute coopération militaire avec l’État d’Israël.

    *Comme 80 personnalités issues du monde des arts et des milliers de signataires de la pétition « Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël« , elles exigent cette annulation.

     

    *Elles appellent la population et l’ensemble des organisations démocratiques à se rassembler

     

     à Montpellier le Mardi 5 juin
    (jour du lancement de cette campagne par Macron et Netanyahou
    ainsi que jour anniversaire du début la Guerre des 6 jours)
    à partir de 18h 30
    sur la Place de La Comédie à Montpellier. 

    Premiers signataires : APLR (Association des Palestiniens du Languedoc-Roussillon), BDS 34, CCIPPP34, Cimade LR, CGA 34, CMF, Ensemble34, FUIQP, MAN 34, NPA 34, UJFP 34…

  • Solidarité avec Ermengol Gassiot, militant de la CGT Catalogne

    Solidarité avec Ermengol Gassiot, militant de la CGT Catalogne

    07 Mar 2018

    le 21 février 2018, Ermengol Gassiot, professeur de préhistoire à l’Université Autonome de Barcelone (UAB) et secrétaire général de la CGT Catalunya, a été arrêté par les Mossos d’Esquadra, la police régionale de Catalogne. Il avait été placé sous mandat d’arrêt pour ne pas s’être présenté lors du procés « 27 i més » (« 27 et plus »).

    Lutte sociale et répression

    En 2013, des étudiant·e·s et des syndicalistes décident d’occuper pacifiquement l’Université Autonome de Barcelone pour dénoncer, entre autres, l’augmentation des frais d’inscription et le « processus de Bologne ». Depuis les années 2000, ce dernier vise à harmoniser l’enseignement supérieur des membres de l’Union Européennes, à la rendre compétitive dans le cadre d’une libéralisation de la connaissance via la création de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur (EEES).

    Largement soutenue par la communauté universitaire, cette lutte réunissait plusieurs syndicats dont la CGT Calalunya. Suite au blocage de l’université, la direction de l’UAB entame alors des poursuites judiciaires contre 27 militants et soutiens du mouvement. La répression dure depuis. 27 personnes sont concernées : 25 étudiants, un PAS (personnel d’administration et services) et un professeur, Ermengol. Le procureur demande des peines de 11 à 14 ans de prison, et des amendes de 9 500 euros, et l’UAB réclame 14 000 euros pour la responsabilité civile.

     

    Ici comme ailleurs, la répression contre les militant·e·s politiques et syndicaux, et contre l’ensemble des mouvements sociaux ne cesse de s’amplifier !

    Solidarité et soutien aux camarades poursuivi·e·s !

     

     


     

     

    Nous relayons ici le communiqué de la CGT Catalunya en français et catalan.

     

    Ordonnance judiciaire de recherche et d’arrestation contre le Secrétaire Général de la CGT de Catalogne dans le cadre du dossier judiciaire ’27 et plus’

    Aujourd’hui, nous avons appris que, finalement, le tribunal de Cerdanyola del Vallès qui instruit l’affaire « 27 et plus » a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de notre collègue Gassiot Armengol, professeur au Département de Préhistoire de l’Université Autonome de Barcelone (UAB) et Secrétaire Général de la CGT de Catalogne. Ainsi, par conséquent, il peut être arrêté à tout moment pour être mis à la disposition du tribunal, ayant refusé de se rendre devant le juge pour déclarer au sujet de ce montage politico-judiciaire. Cette décision découle de sa volonté de ne pas coopérer avec cette instruction, qui n’est rien de plus qu’un nouveau et grand chapitre de la persécution politique envers tous ceux qui ont un engagement dans la lutte pour la défense des services publics, dans ce cas de l’université publique, et donc dans la défense des droits sociaux des classes populaires. La situation d’Armengol est identique à celle vécue il y a quelques jours par certains des 27 autres accusés (Carles, Oriol, Celia), qui ont été arrêtés chez eux afin d’être mis à la disposition du tribunal.

    La CGT Catalunya soutient la décision de Gassiot Armengol et des autres inculpés de ne pas collaborer avec la justice. Nous dénonçons le fait que la persécution menée contre notre secrétaire général est, pour nous, une persécution de notre organisation et du syndicalisme combatif que nous représentons. Rappelez-vous que les faits pour lesquels les accusés Armengol et les 27 autres ont eu lieu en 2013 dans le cadre de la lutte contre l’augmentation des frais de scolarité et d’autres exigences qui avaient le soutien de la majorité de la communauté universitaire, au cours de laquelle le bâtiment de la direction de l’UAB avait été fermé. Un mode d’action faisant régulièrement partie du mouvement étudiant dans les universités catalanes depuis des décennies. Armengol, en tant que membre de notre section syndicale à l’UAB, a publiquement soutenu cette lutte, tout comme d’autres représentants syndicaux des travailleurs de l’UAB.

    À la suite de ces événements, la direction de l’UAB a commencé une chasse aux sorcières par la voie pénale, dans le seul but de poursuivre politiquement le mouvement étudiant et syndical de l’UAB. Tant le recteur de l’époque, Fernando Sancho comme sa vice-présidente, Silvia Carrasco, ont la responsabilité directe de l’invention d’un « réseau criminel » organisé pour détruire l’université, dont seraient membres Ermengol et les 27 autres. Pour cette raison, le parquet, organe politique de l’État espagnol, demande contre ces personnes, selon les cas, entre 11 et 14 ans de prison. Des demandes parfaitement disproportionnées constituant le pire cas de répression politique dans une université de notre pays depuis la fin du régime de Franco.

    La CGT Catalunya réitère sa solidarité avec Ermengol et les 27, et notre volonté de répondre collectivement en tant qu’organisation, en cette période de répression. En même temps, nous demandons à tous nos membres, et l’ensemble des militants syndicaux et des mouvements populaires d’être aux côtés des 27, de démonter ce procès politique et d’articuler ensemble, depuis la solidarité, la réponse que cette situation mérite.

    Nous voulons les 27 libres !
    Un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre nous tous !

    21 février 2018

    Secrétariat Permanent du Comité Confédéral de la CGT de Catalogne

     

     

     

    Ordre judicial de cerca i captura contra el Secretari General de la CGT de Catalunya en el marc del procés judicial del cas ’27 i més’

    Avui hem sabut que, finalment, el jutjat de Cerdanyola del Vallès que porta el procés de l’anomenat cas « 27 i més » ha emès una ordre de cerca i captura contra el nostre company Ermengol Gassiot, professor del Departament de Prehistòria de la Universitat Autònoma de Barcelona (UAB) i Secretari General de la CGT de Catalunya. Així, doncs, l’Ermen pot ser detingut en qualsevol moment per ser posat a disposició judicial, en haver-se negat a personar-se al jutjat a recollir cap notificació relacionada amb aquest muntatge político-judicial. Aquesta decisió sorgeix de la seva voluntat de no col·laborar amb aquest procés, que no és més que un nou i greu capítol de persecució política a aquells i aquelles que s’han significat en la lluita per la defensa dels serveis públics, en aquest cas de la universitat pública, en defensa — per tant — dels drets socials de les classes populars. La situació en la qual es troba ara mateix l’Ermengol és idèntica a la que han viscut aquests dies enrere algunes altres de les 27 encausades (en Carles, l’Oriol, la Cèlia), que van ser detingudes a les seves localitats per ser posades a disposició judicial.

    Des de la CGT de Catalunya donem suport a la decisió de no col·laborar amb la causa que han pres l’Ermen i les altres encausades. Manifestem que la persecució que s’està duent a terme contra el nostre Secretari General és, per a nosaltres, una persecució a la nostra organització i al sindicalisme combatiu que representem. Recordem que els fets pels quals estan encausats l’Ermengol i la resta dels 27 es van donar l’any 2013 en el marc de la lluita estudiantil contra l’augment de les taxes, entre d’altres reivindicacions que comptaven amb el consens majoritari de la comunitat universitària, en el decurs de la qual es va realitzar una tancada a l’edifici del rectorat de la UAB, un tipus d’acció habitual i que forma part del repertori del moviment estudiantil a les universitats catalanes des de fa dècades. L’Ermen, com a membre de la nostra Secció Sindical a la UAB, va donar suport públicament a aquella lluita, com també van fer altres representants sindicals dels treballadors i les treballadores de la UAB.

    Arran d’aquells fets, l’aleshores equip rectoral va iniciar una cacera de bruixes per la via penal, amb l’únic objectiu de perseguir políticament el moviment estudiantil i sindical de la UAB. Tant el rector de l’època, Ferran Sancho, com la vicerectora, Sílvia Carrasco, tenen responsabilitat directa en la invenció d’un conspiranoïc « entramat criminal » organitzat per a destruir la universitat, i del qual se suposa que l’Ermengol i la resta dels 27 formaven part. A causa d’això, la Fiscalia, òrgan polític de l’Estat espanyol demana per a aquestes persones, segons els casos, penes d’entre 11 i 14 anys de presó. Tot un autèntic despropòsit que constitueix el pitjor cas de repressió política en una universitat al nostre país des de les acaballes del franquisme.

    Des de la CGT de Catalunya reiterem la nostra solidaritat amb l’Ermengol i amb els 27, i la nostra disposició a donar resposta de forma col·lectiva, com a organització, a aquest cop repressiu. Alhora, fem una crida a tota la nostra militància, i també al conjunt del sindicalisme combatiu i dels moviments populars a estar al costat dels 27, a desmuntar aquest procés polític, i a articular entre tots, des del suport mutu, la resposta que aquesta situació es mereix.

    Volem les 27 lliures !
    Si ens toquen a una ens toquen a totes !

    21 de febrer del 2018

    Secretariat Permanent del Comitè Confederal de la CGT de Catalunya

     

     

     

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    Par Groupe Un Autre Futur International Répression
  • Reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël : de l’huile sur le feu qui brûle la Palestine

    Reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël : de l’huile sur le feu qui brûle la Palestine

    23 Déc 2017

    Mercredi 6 décembre 2017, le président fascisant des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, a mis le feu aux poudres en déclarant reconnaître Jérusalem/Al-Qods comme capitale de l’État d’Israël. Cela répond à une revendication historique de l’extrême-droite israélienne et envoie un message clair d’impunité aux colons les plus radicaux. Depuis cette décision, au moins 8 palestinien-ne-s sont mort-e-s et des centaines de personnes ont été blessées dans des bombardements sur la bande de Gaza et des affrontements avec les forces de l’ordre israéliennes.

    Cette décision s’inscrit dans une convergence de fond entre le projet colonial d’Israël et les courants nationalistes, colonialistes et racistes en Europe et Amérique du Nord.

    Le sionisme est un nationalisme et un colonialisme

    Le sionisme, en tant qu’idéologie nationale de l’État d’Israël, est largement inspirée par le nationalisme tel qu’il a été développé par de nombreux peuples d’Europe, puis d’ailleurs, à partir du XIXe siècle. En tant qu’anarchistes, nous combattons le nationalisme comme une idéologie qui sert les classes dirigeantes en cherchant à unifier un peuple autour d’un récit national d’une prétendue histoire, culture et langue commune (deux langues à la rigueur). Le nationalisme est donc pour nous une idéologie qui, dans son essence, relègue les intérêts des opprimé-e-s derrière ceux prétendument prioritaires de la « nation » et qui tend, en outre, à limiter, voire à faire disparaître, toute expression de particularismes culturels et linguistiques.
    Par ailleurs, le nationalisme verse régulièrement dans une vision raciste du monde dans lequel les membres de la nation seraient supérieur-e-s aux individu-e-s extérieur-e-s (ou rejeté-e-s) à la communauté nationale. Cette vision raciste est doublement utile pour les classes dirigeantes : elle permet de diviser les opprimé-e-s en les opposant les un-e-s aux autres au lieu de les liguer contre leur oppresseurs ; elle fournit une justification aux multiples projets colonisateurs et expansionnistes portés par les différents nationalismes, en particulier les nationalismes européens. Dans ce cadre, le sionisme défendu et utilisé par l’État d’Israël, bien qu’il s’agisse d’un « colonialisme sans métropole », est un parent éloigné des nationalismes et des projets coloniaux français, anglais, belge et autres. En effet, il a intégré une large part de l’imaginaire colonial européen, ainsi que ses méthodes brutales d’expropriation, tout en se présentant comme un « mouvement de libération nationale ». On retrouve cette logique coloniale raciste derrière le récit soit-disant « féministe » et « ouvert » pour les minorités sexuelles et de genre de l’État israélien, qui serait un refuge pour les personnes opprimé-e-s par le patriarcat et l’hétérosexualité imposée, qui serait l’apanage des cultures arabo-musulmanes. Il s’agit là bien entendu de « pink washing », au sens où l’État israélien instrumentalise des luttes légitimes d’opprimé-e-s pour mieux légitimer son expansion coloniale et l’oppression qu’elle impose aux Palestinien-ne-s, quels que soient d’ailleurs leur sexualité ou le genre auquel ielles s’identifient.

    Le sionisme est un produit de l’histoire coloniale et de l’anti-sémitisme européen

    Le sionisme est une idéologie nationaliste qui s’est forgé dans le double contexte de l’émergence de l’idéologie nationaliste en Europe et de la montée en puissance de l’antisémitisme moderne qui a découlé de cette émergence. Plutôt que de s’attaquer au nationalisme nourrissant l’antisémitisme, le mouvement sioniste a choisi d’en reproduire les conceptions, considérant l’oppression antisémite comme inéluctablement liée au diasporisme. Cette conception a été combattue dès l’origine par les courants ouvriers juifs internationalistes, qui associaient autodéfense antiraciste et lutte de classe.
    Les persécutions qui visaient les minorités nationales juives, notamment en Europe de l’Est, ont cependant peu à peu renforcé l’idée parmi une minorité des juives et des juifs que la solution au racisme qu’ielles subissaient se trouvait dans la fondation d’un État qui réunirait et protégerait le peuple juif. Cette idée a progressé chaque fois que le mouvement ouvrier ne s’est pas montré assez ferme dans la lutte contre l’antisémitisme, y compris en son propre sein..
    L’extermination des juives et des juifs par le régime nazi n’est que l’expression la plus extrême et la plus déshumanisée d’une tendance longue et lourde dans de nombreux pays européens. Encore maintenant, les différents courants du sionisme se présentent comme une réponse à l’antisémitisme et présentent le soutien au fait colonial israélien comme une nécessité pour les juives et juifs, celui-ci étant présenté comme le garant de leur sécurité. C’est ce qu’on a pu voir à l’occasion des attaques antisémites massives qui ont eu lieu en France en 2012 (Toulouse) et en janvier 2015 (Paris). L’État d’Israël se présente comme un refuge pour les juives et les juifs, qu’il faudrait constituer en tant que peuple sur la “terre sainte”, dans un territoire sécurisé et débarrassé du fléau antisémite. Cela n’empêche pas la droite et l’extrême droite sioniste de faire preuve d’une complaisance régulière avec des antisémites, pourvu qu’ils soient considérés comme des « alliés objectifs » de l’État d’Israël. Ainsi Netanyahu a-t’il multiplié les sorties en soutien à Trump, minimisant l’influence de ses alliés néo-nazis et la responsabilité de ce dernier dans les attaques antisémites, comme il l’a fait avec le régime d’Orban ou celui de Poutine.

    C’est aussi, en bonne partie, la responsabilité de la puissance coloniale française et de son œuvre de division raciste, si les minorités juives d’Afrique du Nord, entre autres, sont parties en masse renforcer le projet colonial israélien après les indépendances et s’y sont d’ailleurs retrouvées nettement opprimées, par l’exploitation capitaliste menée par les classes dirigeantes et par les divisions racistes qui structurent cet État.

    Enfin, c’est parce que les puissances française et anglaise se sont partagées les restes de l’Empire Ottoman à la fin de la Première Guerre Mondiale que l’État d’Israël a pu voir le jour sur un territoire où habitaient déjà d’autres populations. En effet, le Traité de Sèvres a partagé les territoires de l’ancien empire en « mandats » français et britanniques. Alors que la France avait hérité de l’actuelle Syrie et du Liban , l’Angleterre contrôlait l’Irak et la Palestine (qui comprenait les territoires actuels de la Palestine/Israël et de la Jordanie). A partir de ce moment là, cette dernière a cherché à maintenir son emprise en soutenant tour à tour les ambitions des colons sionistes et celles des nationalistes arabes. Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, les impérialismes européens, marqués tant par l’antisémitisme que par le racisme, ont vu dans le projet sioniste une manière de se débarrasser d’une population indésirable, et ce d’autant plus que les juives et juifs des classes populaires avaient souvent fait partie des secteurs les plus combatifs et les plus révolutionnaires dans la guerre de classes jusqu’à présent.

    La décision de Trump, ses causes et ses répercussions

    Donald Trump a été élu avec le soutien particulièrement déterminant des courants néofascistes de « l’Alt-right », diffusant une idéologie raciste, antisémite et islamophobe. Son élection s’est traduite par une vague de violence contre la minorité noire, les minorités juives et musulmanes aux États-Unis. Face aux violences antisémites, le gouvernement Netanyahu et ses soutiens de la droite sioniste aux États-Unis comme en Israël n’ont cessé de minimiser la responsabilité du gouvernement Trump dans la situation. Alors qu’ils présentent régulièrement l’alignement sur leur politique comme une nécessité pour lutter contre l’antisémitisme, ils ont ainsi sacrifié la minorité juive américaine considérée comme trop à gauche, trop diasporique, trop critique à l’égard de la politique israélienne. Cette alliance se fait sur le dos des palestiniennes et des palestiniens, mais également sur le dos de la minorité juive aux États-Unis.

    La récente décision de déplacer l’ambassade des États-Unis d’Amérique de Tel-Aviv (capitale reconnue internationalement d’Israël) à Jérusalem/Al-Qods , et donc de reconnaître cette dernière ville comme capitale de l’État d’Israël, témoigne du soutien indéfectible de l’État étasunien au projet colonial israélien et risque bien de constituer une étape majeure de l’expansion de l’État d’Israël. En effet, Jérusalem/Al-Qods est jusqu’à présent une ville sous statut international spécifique, censé garantir l’accès et la protection des lieux saints des trois grands monothéismes, ce qui cristallise encore davantage les tensions liées à la colonisation et à l’expropriation des habitant-e-s historiques de la ville qui dure depuis des décennies. En appuyant une revendication historique des courants les plus extrêmes du sionisme, Trump valide implicitement les colonies (planifiées par l’État d’Israël ou non) qui réduisent le territoire déjà ridicule accordé par les traités internationaux à l’avorton d’État qu’est l’Autorité Palestinienne, qui oscille de son côté entre impuissance et collaboration. Ces colonies se sont d’ailleurs multipliées dès l’annonce des résultats des élections aux USA, en janvier dernier. La Cisjordanie n’est plus qu’un paquet de confettis, séparés les uns des autres par des checkpoints militaires, des murs et des barbelés. La population palestinienne est un marché captif et une part significative est contrainte de travailler directement pour la bourgeoisie israélienne. Les colons bénéficient, pour s’installer sur les terres palestiniennes, d’une multitude d’avantages, notamment fiscaux, énergétiques et fonciers.

    La reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël s’inscrit donc dans une convergence de fond entre deux courants d’extrême droite, l’un à la tête des États-Unis, l’autre de l’État d’Israël. Elle s’inscrit, en outre, dans un timing local bien spécifique puisque les deux principaux mouvements palestiniens (le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et le Fatah, qui représente l’Autorité Palestinienne en Cisjordanie) étaient dans une phase de rapprochement. Remettre le feu aux poudres peut servir à saper le « renforcement » éventuel d’un interlocuteur palestinien officiel réunifié.

    Ce que nous défendons

    La Coordination des Groupes Anarchistes soutient tous les peuples en lutte contre le colonialisme et, à ce titre, défend le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et sa légitime résistance contre l’occupation israélienne. Nous ne pensons pas que la solution politique à long terme réside dans la création et la reconnaissance d’un État palestinien qui ne fera que reproduire les travers inhérents à cette forme hiérarchique et autoritaire d’organisation sociale. Nous pensons que seule l’abolition du capitalisme, du patriarcat et du système de domination raciste, qui s’appuient les uns sur les autres et se renforcent mutuellement, peut constituer une base solide pour la région. En attendant, nous soutenons les initiatives populaires de résistance à l’occupation du peuple palestinien et les actions des anticolonialistes israélien-ne-s. Nous soutenons toutes celles et tous ceux qui luttent dans cette région pour une égalité de droits et, plus encore, pour une égalité réelle. C’est dans la lutte sociale et anticoloniale que se créent les conditions favorables au développement d’une coexistence harmonieuse et pacifique, basée sur la nécessaire égalité sociale et économique. Elle supposera dans tous les cas, pour commencer, l’arrêt de la colonisation et de l’expropriation des palestinienNEs, le droit au retour des réfugié-e-s, l’égalité pleine et entière des droits, l’arrêt du blocus de Gaza, la fin de l’apartheid pour les palestinien-ne-s de 48.

    Alors que Netanyahu rencontrait Macron le 10 décembre à Paris, nous nous opposons à toute forme de coopération commerciale ou militaire avec l’État d’Israël, en particulier tant qu’il viole impunément les traités internationaux. À l’heure où Trump s’affiche comme un soutien des courants les plus extrêmes du colonialisme israélien, cette visite officielle qui sert à renforcer la stature international du président français légitime la politique agressive du dirigeant sioniste.

     

    La colonisation israélienne doit cesser !
    À bas le sionisme et ses alliés occidentaux ! À bas le colonialisme sous toutes ses formes !

     

     

    la Commission Internationale de la CGA,
    Coordination des Groupes Anarchistes,
    le 18 décembre 2017

    Par Groupe Un Autre Futur Communiqués CGA International
  • Esclavage, travail forcé des migrant·e·s… leur exploitation n’a pas de frontière

    Esclavage, travail forcé des migrant·e·s… leur exploitation n’a pas de frontière

    24 Nov 2017

    La diffusion de la vidéo montrant une vente d’esclaves en Libye, filmée par des journalistes de CNN, a mis en lumière un autre aspect du calvaire vécu par les migrant·e·s de par le monde. L’exploitation de ces dernier·e·s ne se limite pas à une région de l’Afrique, mais touche aussi l’Asie et l’Europe.

    L’esclavage « classique » n’a jamais disparu.

    L’esclavage « classique » a été aboli dans tous les pays du monde depuis 36 ans à peine. La Mauritanie l’interdit officiellement en 1981. Pourtant, ce reportage illustre la persistance de la vente et de l’exploitation d’êtres humains dans le monde. Fragilisé·e·s, isolé·e·s, les migrant·e·s en sont des victimes de choix en Libye, mais aussi le long des frontières à l’est de l’Algérie, et au sud de la Tunisie. Il·elle·s tentent de rejoindre l’Europe, depuis l’Afrique de l’Ouest, et meurent par milliers en chemin. S’il·elle·s parviennent en Europe, la clandestinité, le retour dans leur pays d’origine, l’emprisonnement ou une autre forme d’esclavage les y attend. C’est le cas pour la plupart des autres migrant·e·s, et quelle que soit leur destination : Moyen-Orient, Asie, Europe et Océanie.

    L’esclavage « moderne »

    Définit comme le pendant contemporain de l’esclavage dit « classique », l’esclavage moderne revêt plusieurs formes d’exploitations : le travail des enfants, les camps de travaux forcés, la servitude pour dette, le travail forcé. La majorité des victimes sont des femmes, et toute une partie de l’économie capitaliste mondiale en dépend. L’Europe n’échappe pas à ce fléau : 600 000 personnes seraient concernées par le travail forcé, en majorité des migrant·e·s.

    Près de 40 millions de personnes sont frappées de diverses formes d’esclavage dans le monde, selon Walk Free Foundation.

    Les documents à lire sur ce sujet ne manquent pas (voir plus bas), et prouvent que l’esclavage, loin de disparaître, connait un nouvel essor. Par le travail forcé, il se systématise, et participe à l’épanouissement du capitalisme.

     

    À lire et à voir :

  • Mobilisons-nous contre la répression en Catalogne

    Mobilisons-nous contre la répression en Catalogne

    15 Nov 2017

    Avec les poursuites et le placement en détention pour rébellion et sédition du vice-président catalan, de sept ministres, de la présidente du parlement et de deux responsables d’associations de la société civile, c’est le vernis démocratique des sociétés européennes qui craque de façon flagrante. Cela marque un tournant autoritaire évident qui tend à signifier à chacun-e que l’ordre établi, ici la constitution espagnole de 1978 et la monarchie, ne peut être remis en question, même démocratiquement.

    Libération et abandon des poursuites pour tous les indépendantistes catalans

    C’est un mauvais signe donné à toutes celles et tous ceux qui comme nous se battent contre l’inacceptable de l’ordre existant. Un ordre fait d’inégalités, de misère, d’exploitation, de guerre et de destruction de la planète. Un ordre défendu par les États en Espagne, comme en France ou en Europe. La situation en Espagne crée un précédent qui ouvre la voie à toutes les répressions de grande ampleur contre les mouvements sociaux ou politiques de contestation.
    C’est pourquoi nous réclamons la libération et l’abandon des poursuites pour tou-te-s les indépendantistes catalan-e-s, et plus généralement la fin de l’état d’exception qui suspend les libertés publiques et individuelles.

    Pour une autodétermination totale : l’autogestion et le fédéralisme

    Cette exigence n’implique pas pour nous l’adhésion au projet porté par la classe politique en Catalogne de création d’une République catalane indépendante. La création d’un nouvel État-nation, avec ses frontières, sa police, et demain son armée et ses prisons n’est pas en soi porteur d’émancipation pour l’ensemble de la population vivant en Catalogne.
    L’exploitation des travailleuses et travailleurs catalan-e-s par des entreprises catalanes dans un État catalan ne représente pas un changement social pertinent pour les anarchistes.

    Pour une autodétermination complète

    Cependant, le désir de décider de son avenir qui s’exprime aujourd’hui dans le mouvement populaire en Catalogne est légitime et peut même être porteur d’émancipation. Nous sommes favorables à l’autodétermination, dans le sens où une société a le droit de déterminer par elle-même son destin. Mais nous sommes pour une autodétermination complète, impliquant une gestion directe de la société par la population, directement, et non en déléguant les choix collectifs à une minorité. Cela signifie l’autogestion des entreprises par ses travailleuses et travailleurs, celles des quartiers, des villes et des régions directement par ses habitant-e-s auto-organisé-e-s. Cela passe dans un premier temps par insuffler à la lutte une dynamique de classe et autogestionnaire.

    Par Groupe Un Autre Futur International Luttes Sociales
  • Journée mondiale pour Kobanê

    Journée mondiale pour Kobanê

    31 Oct 2017

    Le conseil démocratique Kurde de Montpellier organisait un rassemblement le 1er novembre 2017 à 18 heures, sur la place de la Comédie, à l’occasion de la journée mondiale pour Kobanê.

    Le but de la mobilisation était de rendre hommages aux combattant-e-s kurdes qui ont libéré la ville de Kobanê de Daesh en janvier 2015. Une cinquantaine de personne était présentes.

     

    Vous trouverez plus d’infos :

    Par Groupe Un Autre Futur International Non classé
  • 18h30 – Comédie – Rassemblement en soutien à la grève générale en Catalogne

    18h30 – Comédie – Rassemblement en soutien à la grève générale en Catalogne

    02 Oct 2017

    Le communiqué inter-organisations libertaires (syndicats, organisations spécifiques et assemblées) pour la grève générale de demain en Catalogne a été traduit par le secrétariat aux Relations Internationales de la CGA. Il est aussi consultable en ligne.

    On choisit de lutter ! Le 3 octobre, toutes et tous à la grève générale !

    Appel commun des syndicats, organisations spécifiques et assemblées anarchistes de Catalogne pour la grève générale du mardi 3 octobre 2017.

    Les syndicats, organisations et collectifs signataires de cet appel souhaitent communiquer ici aux travailleuses et à l’ensemble des classes populaires notre positionnement par rapport aux événements qui ont eu lieu ces derniers jours dans les rues de nos villes et de nos villages.

    Depuis plusieurs années, nous avons observé l’escalade de tensions dans un conflit, désormais historique, qui visait à réduire les droits fondamentaux de la population. Nous venons d’une tradition syndicale et politique qui a toujours dans l’histoire défendu les droits et les libertés de la classe opprimée et qui a pris la rue quand il le fallait pour arracher au pouvoir ce qui nous permet maintenant d’être les actrices et acteurs de notre présent et de notre futur.

    En tant que libertaires et que partie active des mouvements syndicaux, populaires et associatifs de Catalogne, nous défendrons toujours le droit à l’auto-détermination des peuples – à commencer par le nôtre. Nous entendons cela comme un principe de base du confédéralisme, condition nécessaire à la cohabitation humaine dans un régime égalitaire. Nous disons clairement que toute émancipation complète est impossible sans avoir auparavant éliminer la structure économique qui la restreint, le capitalisme. Tant que cela n’a pas lieu, les conditions de vie de la classe travailleuse continueront d’être écrasées par une oligarchie espagnole et catalane qui sont toujours main dans la main pour imposer des contre-réformes en matière de droit du travail et pour diminuer les droits sociaux.

    Cela étant, nous voulons dénoncer la militarisation et la répression que nous subissons de la part de l’État espagnol, qui dévoile par là son vrai visage autoritaire en imposant sa volonté jusqu’au bout, quelqu’en soient les conséquences. Nous nous sommes toujours opposé-e-s à quiconque voulait militariser la Catalogne – ou n’importe quel territoire – contre les grandes protestations populaires et toute aspiration d’émancipation sociale.

    Nous nous opposons à la répression de l’État parce que nous l’avions expérimenté de manière systématique et continue dans nos propres corps, dans la rue et dans les entreprises. Pour cela également, nous voulons dénoncer la nature répressive de la Généralité de Catalogne, qui a, ces dernières années, persécuté, frappé, arrêté et emprisonné toutes celles et ceux qui ont refusé de regarder ailleurs quand les droits civils et humains du peuple étaient piétinés. Nous n’oublions pas la façon dont les Mossos d’Escuadra nous ont délogé de la place de Catalogne, ont arrêtés et traînés en justice des syndicalistes pour avoir participé à la manifestation qui avaient encerclée le parlement quand nos droits sociaux étaient rabotés. Nous n’oublions pas les arrestations et les emprisonnements des grandes opérations policières comme les récentes opérations Pandora ou encore les morts et les mutilations. En bref, nous ne permettrons pas qu’on nous prenne ce qui est à nous, quelque soit la couleur du drapeau dont ils se draperont.

    Pour nous, l’auto-détermination et l’émancipation de nos villages et de nos villes ne peut se cantonner seulement dans une décision de marquage territorial concret. La liberté collective ne sera possible qu’avec l’action décidée du peuple et des travailleuses face à un État et des élites politiques qui maintiennent des structures antisociales, hétéro-patriarcales et oppressives qui sont aussi défendues par quelques-uns des acteurs du mouvement souverainiste catalan. L’autodétermination et l’émancipation ne seront possibles qu’à travers l’action insoumise des opprimées, ce qui veut dire par la défense et l’amélioration de leurs conditions matérielles de vie. La socialisation des moyens de production et de la richesse, l’élimination de toutes les formes d’oppression, comme l’hétéro-patriarcat et ses différentes structures de pouvoir, autant explicites qu’implicites, la liberté la plus large de décision et la participation de toutes à travers l’action directe et l’autogestion seront les éléments qui nous rendront réellement libres.

    Ainsi, nous pensons que c’est le peuple, constitué en sujet politique et de classe, qui doit tenir lieu de base pour un grand changement social et c’est pourquoi nous saluons et défendons l’extension des organisations populaires de base pour pratiquer la désobéissance et faire front au contexte autoritaire existant. Nous voulons que cette attitude de désobéissance et de confrontation avec l’autorité aille encore au-delà de la conjoncture actuelle et soit opposée à toutes les injustices auxquelles nous sommes soumises.

    Pour toutes ces raisons, nous faisons un appel aux travailleuses de Catalogne à participer aux mobilisations en défense de nos droits et de nos libertés et plus particulièrement à participer de manière massive à la grève générale convoquée pour le mardi 3 octobre. Parce que l’esprit combatif qui anime historiquement cette partie du globe ne sera pas éteint si facilement, parce que nous sommes la classe des travailleuses et des travailleurs et que nous voulons décider de tout, c’est notre tour de descendre dans la rue, c’est notre tour de lutter !

    Signataires :
    CGT Catalogne
    Negres Tempestes (Tempêtes Noires)
    Embat, organisation libertaire de Catalogne
    Heura Negra, assemblée libertaire de Vallcarca
    CNT Catalogne et Baléares
    Oca Negra, assemblée libertaire du Clot-Camp de l’Arpa
    Solidaritat Obrera (Solidarité Ouvrière)

  • Dimanche 1er octobre : Répression féroce en Catalogne

    Dimanche 1er octobre : Répression féroce en Catalogne

    01 Oct 2017

    Il est 20h30. La répression en Catalogne est hallucinante. Plus de 465 blessé-E-s, dont un à l’œil par Flash-Ball. Voici des liens pour vous informer :

    CGT-E catalogne

    CNT Barcelone

    www.agenciauo.org

    Rapports de force / Média libertaire

     

     

    Par Groupe Un Autre Futur International Répression
  • Catalogne :  Non à la répression de l’État espagnol.  Solidarité avec les résistances sur le terrain social !

    Catalogne : Non à la répression de l’État espagnol. Solidarité avec les résistances sur le terrain social !

    01 Oct 2017

    En Catalogne, l’État espagnol a procédé à la mise en place d’un état d’exception pour empêcher la tenue d’un référendum d’auto-détermination que compte organiser le gouvernement catalan le 1er octobre prochain : depuis le 20 septembre, au-delà des bâtiments officiels pris d’assaut par la Guardia civil, de l’arrestation d’institutionnels catalans, c’est à une véritable suspension des libertés publiques que se livre l’ État espagnol : fermetures de pages web, violation de correspondances, sièges de journaux et de mouvements politiques perquisitionnés, interdictions de réunions publiques, etc. Cela, conjugué à l’envoi en Catalogne de 5 000 membres de la Guardia civil, a d’inquiétants relents franquistes. On ne sait pas jusqu’où peut aller cette surenchère répressive…

    En tant qu’anarchistes, nous ne pensons pas que les luttes d’indépendance à caractère national soient vectrices d’une réelle émancipation : tant qu’il subsiste un État et une société de classe, les dominations perdurent quelle que soit la couleur du drapeau de l’État. Pour autant, nous condamnons l’acharnement autoritaire de l’État espagnol à contraindre les volontés du peuple de Catalogne à s’autodéterminer et l’escalade répressive qui en est issue.

    D’autant plus qu’il existe dans cette opposition à Madrid, une dynamique de désobéissance, de refus de ne pas subir, un potentiel de réappropriation de sa destinée qui semble aller au-delà de la problématique indépendantiste et peut être porteuse d’espoir. Ce phénomène fait écho aux débuts du mouvement du 15 mai, lorsque les habitant-e-s de nombreuses villes de toute l’Espagne avaient occupé par milliers les principales places pour s’opposer aux mesures d’austérité. En Catalogne, depuis le 20 septembre, pour refuser la présence des forces armées sur leurs lieux de vie, les habitante-s des villes catalanes descendent quotidiennement dans les rues. Dans au moins un quartier de Barcelone, le Raval, un comité de défense se met en place, ce qui rappelle les pratiques révolutionnaires de la Barcelone de 1936. Les dockers de Barcelone ont empêché le débarquement du matériel de la Guardia civil, des tracteurs ont afflué de toute la Catalogne pour empêcher le passage des convois policiers …

    C’est cette dynamique de prise en main de sa vie que nous souhaitons soutenir, a fortiori si elle prend un ancrage sur le terrain de la contestation de classe. C’est le sens de l’appel à la grève générale le 3 octobre prochain de la CGT-E, syndicat anarcho-syndicaliste, 3ème organisation syndicale en Espagne, dont l’influence est importante en Catalogne (à l’image du mouvement libertaire qui a un poids significatif dans cette région). L’appel à la grève générale ne porte pas sur l’indépendance : d’une part la CGT-E revendique la suspension des mesures d’exception et la non-présence des forces armées et de police ; d’autre part elle revendique l’abrogation des lois travail de 2010 et 2012.

    C’est ce refus de la fatalité, cette résistance contre la répression et la régression sociale que nous pensons porteurs d’espoir et qu’il nous paraît important de soutenir.

    Le groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes Anarchistes

    Par Groupe Un Autre Futur International Répression
  • Argentine : disparition du camarade anarchiste Santiago MALDONADO

    Argentine : disparition du camarade anarchiste Santiago MALDONADO

    01 Sep 2017

    A TOUS.TES LES CAMARADES

    Communiqué de la coordination des groupes anarchistes d’Argentine

    « L’arrêt forcé et la disparition de l’anarchiste Santiago Maldonado révèle une fois de plus la brutalité de l’état et sa nature oppressive, violente et son rôle central dans la défense des inégalités sociales, ciment du capitalisme.

    Santiago à renié et défié l’état Argentin et le capitalisme au moment même où il a posé pied sur les terres de la communauté mapuche. Il a mit en lumière ce que vivent quotidiennement les peuples originaires de ces terres. Peuples originaires qui se sont vus envahis encore et toujours par les colons et les amants de l’état et de l’exploitation capitaliste.

    Agustín Santillán, Hugo Delgado, Roberto Frías et 18 arrêtés du peuple Wichí. Misère, persécution, répression, blessures par balles. L’humidité obscure des cellules et la grève de la faim est l’unique forme de résistance et de dénonciation.

    Facundo Jones Huala, militant mapuche, fut blessé par balle par l’état chilien – après avoir été enfermé pour lutter, pour s’organiser, pour être mapuche et s’opposer aux grands propriétaires terriens, qui ont usurpé les terres ancestrales.

    Il est évident que l’état use de la violence et de la répression pour empêcher toutes formes de résistance à son envahissement et exploitation. Nous soutenons que les peuples originaires comme les autres ont la liberté d’être des libertaires!

    POUR L’APPARITION DE SANTIAGO MALDONADO VIVANT!
    POUR LA LIBERTE DE FACUNDO JONES HUALA!
    POUR LA LIBERTÉ DE Agustín Santillán ET DES MILITANTS.ES DU PEUPLE WICHI !
    TERRE ET LIBERTÉ POUR LES PEUOLES ORIGINAIRES!
    NOUS NE NOUS ARRÊTERONS PAS!
    ÉTAT TERRORISTE ! »

    Disparition de Santiago MALDONADO – Communiqué de la FAR (Fédération Anarchiste de Rosario)

    « Apparition de Santiago Maldonado vivant !

    Cela fait un mois que s’est déroulé la disparition forcée de Santiago Maldonado, nous appelons à une journée de rassemblements de soutient le 31 août à la Ronda de las Madres (Place du 5 Mai, Rosario) et le 1er septembre à 17h place San Martin avec les organisations sociales, les syndicats, les partis politiques et les organismes de défense des droits humains.

    La disparition forcée de Santiago s’inscrit dans une continuité de pratique répressive de l’Etat qui est systématique et cela nécessite de prendre en compte quelques éléments particuliers.

    Santiago a disparu dans un contexte répressif dont souffre régulièrement la communauté Lof-Cushamen qui en ce cas précis manifestait pour la libération du Lonko (« chef ») Facundo Jones Huala, un prisonnier politique de l’Etat Argentin. Les camarades de la communauté ont vu Santiago saisi par la gendarmerie et tenter de s’en échapper, sans succès. A partir de ce moment, toute la machinerie de l’Etat s’est mise en place et a œuvré pour sa dissimulation. Il est aujourd’hui possible de voir les absurdes réponses des services de polices et d’enquête qui semblent avoir pris le contrôle de la rédaction des principaux médias de communications en même temps que sont criminalisées les luttes Mapuche. Ces discours et pratiques coïncident avec le développement du négationnisme du gouvernement quant à la dernière dictature militaire, une cohérence politique qui se doit d’être prise en compte avec attention par ceux et celles aui sont impliaués.es dans des luttes populaires.

    La pratique solidaire de Santiago, qui s’est impliqué dans la cause de l’auto-détermination du peuple Mapuche, résonne dans les consciences de ceux et celles qui se mobilisent actuellement pour son apparition. Il s’agit d’un fort message de résistance face aux valeurs du système, ces valeurs qui obligent chacun.e à se battre pour soit quitte à monter les marches en écrasant des têtes. Contrairement aux mandatés du système, Santiago s’est engagé corps et âme pour lutter avec ceux et celles d’en bas et luttent.

    Nous, anarchistes politiquement organisés de la FAR, sommes convaincus qu’il est nécessaire de poursuivre et renforcer l’exemple solidaire de Santiago autant pour la lutte pour son apparition vivant que pour toutes les autres ainsi que pour la construction du socialisme libertaire.

    APPARITION DE SANTIAGO MALDONADO VIVANT !

    LIBERTÉ A FACUNDO JONES HUALA !

    FIN A LA RÉPRESSION DU PEUPLE MAPUCHE ! »

    Sur le sujet voir également l’article paru dans le nouveau média libertaire « Rapports de force« 

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