Luttes Sociales

  • Macron veut couler la sécurité sociale

    Macron veut couler la sécurité sociale

    24 Nov 2017

    Créée par les ordonnances de 1945, la Sécurité sociale a pour but de couvrir tous les risques (maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès, accidents du travail et maladies professionnelles) et d’assurer la subsistance de soi et de sa famille, et ce, dans des conditions décentes. La Sécurité sociale était financée à l’origine par des cotisations à la charge des employeurs et des salariés et gérée par les partenaires sociaux, afin qu’elle ne soit pas à la merci des coupes budgétaires de l’Etat.

    Les cotisations salariales indiquées dans le salaire brut sont un salaire différé. Les salariés ne le perçoivent pas directement, mais en bénéficient quand il s’agit de se prémunir des risques encourus durant son existence.

    Aujourd’hui, ce « bout de communisme dans le système capitaliste » est en passe de s’effondrer sous les coups de boutoir du gouvernement car celui-ci sape ce qui faisait son fondement.

    Avec la diminution des cotisations sociales et l’augmentation de la Contribution sociale généralisée qui est un impôt, la Sécu risque de se retrouver de plus en plus sous la coupe de l’Etat, toujours prêt à réduire son financement. Si l’impôt devient le principal financeur de la Sécu, alors cette évolution donne le droit à l’État de faire disparaître petit à petit celle-ci.

    Les promesses de remboursement intégral des lunettes et des prothèses auditives et dentaires sont renvoyées à plus tard. Le tiers-payant n’est « techniquement » pas faisable : cadeau fait au lobby des médecins libéraux.

    En revanche, le gouvernement insiste sur la lutte contre la fraude et les arrêts de travail abusifs. C’est le discours classique populiste contre les « profiteurs » des assurances sociales. Rappelons que les fraudes aux aides sociales représentent seulement 1,3 milliard d’euro contre 60 pour la fraude fiscale.

    Pour Agnès Buzyn, ministre de la santé, 30 % des dépenses de l’Assurance-maladie ne sont pas « pertinentes ». Elle souhaite « fermer les lits qui ne servent à rien » et donc développer la chirurgie ambulatoire. Tout ça signifie bien sûr moins de moyens pour les hôpitaux publics. Les établissements se verront octroyer un bonus dès lors qu’ils répondront aux objectifs de pertinence et d’efficience de soins. Les bonus risquent d’être pour ceux-ci de simples bouées de sauvetage toujours remises en cause. A cela s’ajoutera l’augmentation du forfait hospitalier.

    Il est important de défendre les fondements de la Sécu, comme ça été le cas durant les grèves de 1995 contre le plan Juppé. Un mouvement social doit s’organiser avec (entre autres) la revendication de la gratuité des soins pour toutes et tous, la fin des attaques contre l’hôpital public et l’extension de ses moyens.

    Par Groupe Un Autre Futur Luttes Sociales Santé
  • La filière animation de la ville de Montpellier en grève

    La filière animation de la ville de Montpellier en grève

    18 Nov 2017

    Depuis mercredi 15 novembre, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales, la filière animation de la ville de Montpellier est en grève reconductible pour essayer de sortir d’une situation alarmante : conditions de travail inacceptables et sécurité des enfants impossible à assurer.

    Baisse de effectifs

    L’effectif de professionnels qui encadrent les temps de cantine et de TAP est constamment en dessous des quotas légaux (1 pour 14 en maternelle et 1 pour 18 en primaire). Ces quotas, déjà largement discutables, proposés par la mairie en septembre, ne sont pas respectés. La plus part des personnes est embauchée sur des contrats précaires, les équipes sont inexistantes, et certaines écoles se retrouvent avec un animateur·rice·s pour 50 élèves. Les centres de loisirs sont également impactés par cette politique de gardiennage qui nie les fondements d’un accompagnement éducatif digne de ce nom.

    Logique marchande au détriment du service public accessible à tou·te·s

    Comment peut-on penser et construire des actions d’animation dans ces conditions ? Pour les mêmes raisons de choix budgétaires, les associations se voient elles aussi hautement précarisées avec la perte de postes en CAE. En cassant les outils d’un service public accessible à tou·te·s, on nous amène inexorablement vers des logiques marchandes où seul·e·s celles et ceux qui ont les moyens pourront faire appel à des services de qualité.

    Se coordonner pour mieux lutter

    Ces situations nous concernent tou·te·s et c’est en faisant des ponts entre les différents mouvements de contestation que nous pourrons tenter de défendre nos boulots, nos qualifications et plus largement une conception politique de l’éducation et du vivre ensemble à visée émancipatrice.

    Un rassemblement a lieu devant la mairie de Montpellier lundi 20 novembre à 10h30.

    Par Groupe Un Autre Futur Luttes Sociales Monde du travail Syndicalisme
  • Mobilisons-nous contre la répression en Catalogne

    Mobilisons-nous contre la répression en Catalogne

    15 Nov 2017

    Avec les poursuites et le placement en détention pour rébellion et sédition du vice-président catalan, de sept ministres, de la présidente du parlement et de deux responsables d’associations de la société civile, c’est le vernis démocratique des sociétés européennes qui craque de façon flagrante. Cela marque un tournant autoritaire évident qui tend à signifier à chacun-e que l’ordre établi, ici la constitution espagnole de 1978 et la monarchie, ne peut être remis en question, même démocratiquement.

    Libération et abandon des poursuites pour tous les indépendantistes catalans

    C’est un mauvais signe donné à toutes celles et tous ceux qui comme nous se battent contre l’inacceptable de l’ordre existant. Un ordre fait d’inégalités, de misère, d’exploitation, de guerre et de destruction de la planète. Un ordre défendu par les États en Espagne, comme en France ou en Europe. La situation en Espagne crée un précédent qui ouvre la voie à toutes les répressions de grande ampleur contre les mouvements sociaux ou politiques de contestation.
    C’est pourquoi nous réclamons la libération et l’abandon des poursuites pour tou-te-s les indépendantistes catalan-e-s, et plus généralement la fin de l’état d’exception qui suspend les libertés publiques et individuelles.

    Pour une autodétermination totale : l’autogestion et le fédéralisme

    Cette exigence n’implique pas pour nous l’adhésion au projet porté par la classe politique en Catalogne de création d’une République catalane indépendante. La création d’un nouvel État-nation, avec ses frontières, sa police, et demain son armée et ses prisons n’est pas en soi porteur d’émancipation pour l’ensemble de la population vivant en Catalogne.
    L’exploitation des travailleuses et travailleurs catalan-e-s par des entreprises catalanes dans un État catalan ne représente pas un changement social pertinent pour les anarchistes.

    Pour une autodétermination complète

    Cependant, le désir de décider de son avenir qui s’exprime aujourd’hui dans le mouvement populaire en Catalogne est légitime et peut même être porteur d’émancipation. Nous sommes favorables à l’autodétermination, dans le sens où une société a le droit de déterminer par elle-même son destin. Mais nous sommes pour une autodétermination complète, impliquant une gestion directe de la société par la population, directement, et non en déléguant les choix collectifs à une minorité. Cela signifie l’autogestion des entreprises par ses travailleuses et travailleurs, celles des quartiers, des villes et des régions directement par ses habitant-e-s auto-organisé-e-s. Cela passe dans un premier temps par insuffler à la lutte une dynamique de classe et autogestionnaire.

    Par Groupe Un Autre Futur International Luttes Sociales
  • Contrats aidés : appel à la grève

    Contrats aidés : appel à la grève

    05 Nov 2017

    L’union syndicale Solidaires a publié sur son site un appel à la grève interprofessionnel contre la disparition des Contrats Aidés, pour le 10 novembre.

    L’arrêt des Contrats Aidés est prévu pour 2020, mais la diminution du nombre de contrats signés s’échelonne jusqu’en 2018 : 149 000 contrats ne seront plus renouvelés en 2017, puis 110 000 de plus en 2018. Bien que précaires, ces contrats concernent plusieurs centaines de milliers de salarié.e.s, et leur disparition les condamne à encore plus de précarité. En contre-parti, le gouvernement Macron met en avant le Service Civique. Ce dernier ne relève pas du Code du Travail, mais du Code du Service Nationale. La logique de casse sociale sous-tend clairement ces mesures : émanciper le patronat du Code du Travail, casser nos acquis sociaux, fruits des luttes passées, fournir une main d’œuvre peu coûteuse, etc.

     

    Pour en savoir plus :

    Sur notre agenda : Contrats aidés : Solidaires appelle à la grève

     

    Par Groupe Un Autre Futur Luttes Sociales Monde du travail Syndicalisme
  • 18h30 – Comédie – Rassemblement en soutien à la grève générale en Catalogne

    18h30 – Comédie – Rassemblement en soutien à la grève générale en Catalogne

    02 Oct 2017

    Le communiqué inter-organisations libertaires (syndicats, organisations spécifiques et assemblées) pour la grève générale de demain en Catalogne a été traduit par le secrétariat aux Relations Internationales de la CGA. Il est aussi consultable en ligne.

    On choisit de lutter ! Le 3 octobre, toutes et tous à la grève générale !

    Appel commun des syndicats, organisations spécifiques et assemblées anarchistes de Catalogne pour la grève générale du mardi 3 octobre 2017.

    Les syndicats, organisations et collectifs signataires de cet appel souhaitent communiquer ici aux travailleuses et à l’ensemble des classes populaires notre positionnement par rapport aux événements qui ont eu lieu ces derniers jours dans les rues de nos villes et de nos villages.

    Depuis plusieurs années, nous avons observé l’escalade de tensions dans un conflit, désormais historique, qui visait à réduire les droits fondamentaux de la population. Nous venons d’une tradition syndicale et politique qui a toujours dans l’histoire défendu les droits et les libertés de la classe opprimée et qui a pris la rue quand il le fallait pour arracher au pouvoir ce qui nous permet maintenant d’être les actrices et acteurs de notre présent et de notre futur.

    En tant que libertaires et que partie active des mouvements syndicaux, populaires et associatifs de Catalogne, nous défendrons toujours le droit à l’auto-détermination des peuples – à commencer par le nôtre. Nous entendons cela comme un principe de base du confédéralisme, condition nécessaire à la cohabitation humaine dans un régime égalitaire. Nous disons clairement que toute émancipation complète est impossible sans avoir auparavant éliminer la structure économique qui la restreint, le capitalisme. Tant que cela n’a pas lieu, les conditions de vie de la classe travailleuse continueront d’être écrasées par une oligarchie espagnole et catalane qui sont toujours main dans la main pour imposer des contre-réformes en matière de droit du travail et pour diminuer les droits sociaux.

    Cela étant, nous voulons dénoncer la militarisation et la répression que nous subissons de la part de l’État espagnol, qui dévoile par là son vrai visage autoritaire en imposant sa volonté jusqu’au bout, quelqu’en soient les conséquences. Nous nous sommes toujours opposé-e-s à quiconque voulait militariser la Catalogne – ou n’importe quel territoire – contre les grandes protestations populaires et toute aspiration d’émancipation sociale.

    Nous nous opposons à la répression de l’État parce que nous l’avions expérimenté de manière systématique et continue dans nos propres corps, dans la rue et dans les entreprises. Pour cela également, nous voulons dénoncer la nature répressive de la Généralité de Catalogne, qui a, ces dernières années, persécuté, frappé, arrêté et emprisonné toutes celles et ceux qui ont refusé de regarder ailleurs quand les droits civils et humains du peuple étaient piétinés. Nous n’oublions pas la façon dont les Mossos d’Escuadra nous ont délogé de la place de Catalogne, ont arrêtés et traînés en justice des syndicalistes pour avoir participé à la manifestation qui avaient encerclée le parlement quand nos droits sociaux étaient rabotés. Nous n’oublions pas les arrestations et les emprisonnements des grandes opérations policières comme les récentes opérations Pandora ou encore les morts et les mutilations. En bref, nous ne permettrons pas qu’on nous prenne ce qui est à nous, quelque soit la couleur du drapeau dont ils se draperont.

    Pour nous, l’auto-détermination et l’émancipation de nos villages et de nos villes ne peut se cantonner seulement dans une décision de marquage territorial concret. La liberté collective ne sera possible qu’avec l’action décidée du peuple et des travailleuses face à un État et des élites politiques qui maintiennent des structures antisociales, hétéro-patriarcales et oppressives qui sont aussi défendues par quelques-uns des acteurs du mouvement souverainiste catalan. L’autodétermination et l’émancipation ne seront possibles qu’à travers l’action insoumise des opprimées, ce qui veut dire par la défense et l’amélioration de leurs conditions matérielles de vie. La socialisation des moyens de production et de la richesse, l’élimination de toutes les formes d’oppression, comme l’hétéro-patriarcat et ses différentes structures de pouvoir, autant explicites qu’implicites, la liberté la plus large de décision et la participation de toutes à travers l’action directe et l’autogestion seront les éléments qui nous rendront réellement libres.

    Ainsi, nous pensons que c’est le peuple, constitué en sujet politique et de classe, qui doit tenir lieu de base pour un grand changement social et c’est pourquoi nous saluons et défendons l’extension des organisations populaires de base pour pratiquer la désobéissance et faire front au contexte autoritaire existant. Nous voulons que cette attitude de désobéissance et de confrontation avec l’autorité aille encore au-delà de la conjoncture actuelle et soit opposée à toutes les injustices auxquelles nous sommes soumises.

    Pour toutes ces raisons, nous faisons un appel aux travailleuses de Catalogne à participer aux mobilisations en défense de nos droits et de nos libertés et plus particulièrement à participer de manière massive à la grève générale convoquée pour le mardi 3 octobre. Parce que l’esprit combatif qui anime historiquement cette partie du globe ne sera pas éteint si facilement, parce que nous sommes la classe des travailleuses et des travailleurs et que nous voulons décider de tout, c’est notre tour de descendre dans la rue, c’est notre tour de lutter !

    Signataires :
    CGT Catalogne
    Negres Tempestes (Tempêtes Noires)
    Embat, organisation libertaire de Catalogne
    Heura Negra, assemblée libertaire de Vallcarca
    CNT Catalogne et Baléares
    Oca Negra, assemblée libertaire du Clot-Camp de l’Arpa
    Solidaritat Obrera (Solidarité Ouvrière)

  • Rejoignons massivement la mobilisation et la grève intersyndicale du 21 septembre 2017

    Rejoignons massivement la mobilisation et la grève intersyndicale du 21 septembre 2017

    19 Sep 2017

    A Montpellier, c’est à 10h30 au Peyrou !

    Ci-dessous, le tract de l’Appel à Résistance 34 (appelaresistance34@gmail.com).

    A l’arrivée de la manifestation, un forum sera organisé autour d’une intervention de Richard Abauzit sur le contenu des ordonnances Macron.

    [gview file= »http://unautrefutur.org/wp-content/uploads/2017/09/TRACT-A4-21-03.pdf »]

    Par Groupe Un Autre Futur Luttes Sociales Monde du travail
  • Vers la catastrophe sociale : la mise en miette des solidarités à travers la suppression des CAE

    Vers la catastrophe sociale : la mise en miette des solidarités à travers la suppression des CAE

    16 Sep 2017

    Aujourd’hui, les contrats aidés représentent près de 460 000 emplois en Métropole. Démarrés dans les années 80, il s’agit d’emplois subventionnés par l’État présents dans les secteurs public et privé, tournés vers les personnes les plus éloignées de l’emploi : chômeurs-euses, personnes aux minima sociaux, personnes de plus de 50 ans, jeunes, etc.

    Dans les faits, ces emplois au rabais ont permis à des entreprises d’être exonérées de charges sociales. Leur appellation a changé au fil des gouvernements : d’abord les TUC, puis les CES, ensuite les emplois jeunes (lancés par Martine Aubry pour les bac+2), ils ont atteint un niveau historique sous les gouvernements Jospin et Jupé, avec près de 800 000 contrats par an.

    Ils ont permis aux différents gouvernements de jouer sur les chiffres du chômage avant la fin des mandats présidentiels. Chaque année post électorale, le nombre de contrats est revu à la baisse.

    Repérés dès le début comme étant des emplois précaires tirant les conditions salariales vers le bas, (pas de prime de départ contrairement au CDD), ils ont malgré tout pris une place de plus en plus importante dans des secteurs clefs du champ social.

    Pour faire face aux baisses de budgets publics, bon nombre d’associations et de collectivités territoriales ont utilisé ces contrats pour pouvoir embaucher du personnel à bas coût. L’accès à l’éducation, à la culture, au logement, l’urgence sociale, l’accompagnement des personnes en situation de handicap, des personnes âgées, des mineurs isolé-e-s, la plupart de ce qui touche aux missions d’intérêt général est devenu tributaire de ces emplois pour pouvoir fonctionner.

    Aujourd’hui, plus de 120 000 personnes vont perdre leurs emplois et à l’horizon 2018, 100 000 de plus vont être mises sur le carreau. C’est une attaque sociale de plus qui va participer à la rupture des dernières digues de solidarité qui existent dans notre société.

    La plupart des associations n’ont pas les moyens de pérenniser ces emplois, mais ils permettent de maintenir en vie des services, des structures d »accueil, d’accompagnement auprès des plus démuni-e-s. Ils permettent aussi que des associations tournées vers des démarches d’éducation populaire, de pratiques artistiques ouvertes à tou-te-s produisent du vivre ensemble et de l’ouverture aux autres.

    Des emplois de misère pour gérer la misère,

    La précarité du travail s’est accompagnée d’une réorganisation du travail avec une instabilité toujours plus forte pour les salarié-e-s, la montée en puissance d’une souffrance au travail. La mise à mal des droits syndicaux et de la médecine du travail (cf lois Macron, El Khomry, ordonnances Macron en ce moment) montrent clairement une volonté du pouvoir politique de renforcer ces logiques sans tenir compte des besoins sociaux et de l’intérêt général.

    Le développement des CAE et leur suppression ne sont en définitive que deux facettes d’une seule politique, celle qui utilise le salariat comme variable d’ajustement dans la gestion de l’économie et qui assume la précarisation générale des salarié-e-s, à tel point qu’on parle aujourd’hui de période de « post salariat ».

    Nous subissons l’économie de la misère au prix de nos vies. Il nous faut défendre nos droits en refusant maintenant la mise sur le carreau des 100 000 personnes en CAE, en essayant de fédérer les luttes pour exiger des emplois non-précaires et se battre plus globalement contre l’exploitation patronale. Pour cela, nous ne pouvons compter que sur notre capacité à nous auto-organiser et à fédérer nos luttes (casse du code du travail, contre la précarité etc.)

    Par Groupe Un Autre Futur Luttes Sociales Monde du travail
  • Richard Abauzit décrypte les ordonnances et le projet Macron

    Richard Abauzit décrypte les ordonnances et le projet Macron

    09 Sep 2017

    SAMEDI 16 SEPTEMBRE À 17H
    à la Librairie la Mauvaise Réputation

    Présentation/ débat avec Richard Abauzit, militant syndicaliste et défenseur des salarié-e-s

    Décryptage des ordonnances et du projet Macron

    En soirée : pot de rentrée et repas partagé

    L’affiche ci-dessous !

    [gview file= »http://unautrefutur.org/wp-content/uploads/2017/09/Affiche-Anti-electoralisme.pdf »]

    Par Groupe Un Autre Futur Luttes Sociales Monde du travail
  • Contre la casse sociale, c’est maintenant qu’il faut se battre !

    Contre la casse sociale, c’est maintenant qu’il faut se battre !

    09 Sep 2017

    La réforme du droit du travail par ordonnances est l’une des premières étapes de la démolition sociale programmée par le gouvernement dans les prochains mois : fiscalité à l’avantage des plus riches, austérité sur les dépenses publiques, destruction du droit du travail, précarité et renforcement des inégalités sociales ! L’architecture générale du projet Macron, c’est l’attaque en un temps record de l’ensemble des dispositifs de protection sociale et des mécanismes de solidarité, d’abord le code du travail, puis les retraites, l’assurance chômage, la sécurité sociale, l’éducation… nous allons tout perdre sans une mobilisation d’ampleur !

    Casse du code du travail - Macron 2017

    La stratégie du gouvernement : imposer la nouvelle loi travail par ordonnances, en contournant les syndicats.

    La stratégie du gouvernement, c’est de tout contrôler, en utilisant les techniques d’entreprise pour asseoir son pouvoir : information confisquée, rapidité des mesures, stratégies d’alliances et de division vis‑à‑vis des syndicats, réformes par ordonnances. Organisée dans le but d’éviter une confrontation réelle et un possible mouvement social, la « concertation » sur la réforme du travail n’aura été qu’un simulacre, auquel une partie des syndicats ont malheureusement joué le jeu.

    En supprimant les débats au Parlement, le gouvernement a laissé très peu de temps aux syndicats engagés dans la lutte et aux collectifs pour expliquer les enjeux de la réforme, très peu de temps pour que la contestation sociale s’élargisse, et que la riposte s’organise à la hauteur de l’attaque !

    La date du 12 septembre, premier appel à mobilisation, est pourtant essentielle pour pouvoir donner des suites et espérer changer le cours des choses. L’urgence est là !

    Les ordonnances Macron : des salarié‑e‑s ultra précarisé‑e‑s, des riches mieux protégés, des syndicats muselés

    Cette nouvelle loi travail vise à renforcer davantage l’inversion des normes entre les entreprises, les branches professionnelles et le code du travail, déjà entamée avec la loi El Khomri et d’autres lois libérales précédentes. Le patronat et l’État, main dans la main, veulent pouvoir imposer des baisses de rémunérations et des conditions de travail dégradées aux salarié‑e‑s dans chaque entreprise, où la pression qui s’exerce sur eux/elles est tellement forte qu’il est souvent difficile de résister au chantage (peur du licenciement, de la mise au placard, de pressions, de mauvaises évaluations, etc.). Pression qui sera d’autant plus accrue par la facilitation des licenciements et la réduction des moyens de défense. C’est la fin des protections et garanties collectives pour les travailleurs‑euses.

    Casse sociale Medef

    Austérité sur les dépenses publiques, budget et fiscalité à l’avantage des plus riches

    Un plan d’austérité drastique s’annonce : suppression d’une partie des emplois aidés, baisse des dotations aux collectivités territoriales, diminution de l’aide personnalisée au logement (APL), gel de l’indice des fonctionnaires, et d’énormes coupes sur les dépenses publiques. Pour cette fin d’année 2017, c’est déjà 4,5 milliards d’euros d’économies qui sont prévus, et pour l’ensemble du quinquennat, ce sont 60 milliards d’euros !

    Quant aux orientations fiscales du gouvernement, les premiers bénéficiaires en seront les entreprises et les détenteurs de capitaux. Dès le 1er janvier prochain s’amorcera une baisse de l’impôt sur les sociétés, qui diminuera de 33 % à 25 % d’ici 2022. La transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en allègements pérennes des cotisations sociales (patronales) des entreprises est programmée pour 2019. La suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), permettra d’y soustraire notamment le capital en action ou obligation. Les revenus du capital mobilier (intérêts, dividendes, plus‑values…) ne seront soumis qu’à un prélèvement forfaitaire de 30 % (prélèvements sociaux inclus !), alors que les gros revenus peuvent être imposés jusqu’à 58,21 % actuellement.

    Quant à l’exonération de 80 % des ménages de la taxe d’habitation (pour le moment, c’est seulement une réduction d’un tiers de la facture des ménages éligibles qui est envisagée pour 2018), cette mesure se traduira certainement par une baisse de ressources des collectivités territoriales, et donc par une réduction des services à la population qu’elles financent (actions sanitaires et sociales, crèches, équipements culturels, sportifs…). Rien que pour cette fin d’année 2017, ce sont 300 millions d’euros de leurs dotations par l’État que le gouvernement vient d’annuler.

    Des riches mieux protégés

    • Facilitation des licenciements par de nombreuses mesures dont la modification du périmètre considéré pour apprécier les difficultés économiques des grandes entreprises au‑delà du territoire national. Une entreprise bénéficiaire à l'étranger pourra licencier sans aucune difficulté. Les modalités de licenciement au niveau des motivations énoncées par l'employeur sont simplifiés à l'avantage des employeurs. Un modèle de notification va être proposé aux entreprises.
    • Plafonnement des indemnités prud’homales
    • Nouveau régime juridique qui permettra à une entreprise d'engager un plan de départs volontaires, sans déclencher un plan social avec toutes les obligations qui lui sont attachées. Cela va s'appeler « plan collectif de rupture conventionnelle »

    Vers une insécurité sociale permanente : attaques contre les allocations chômage et le système des retraites

    Ces mesures fiscales vont de pair avec les réformes des retraites et des allocations chômage à venir.
    Concernant le système des retraites, le but est de passer à un régime de type assurantiel, individualiste, où les pensions et les indemnités seront calculées en fonction de ce que chacun‑e aura pu cotiser et du nombre théorique d’années restant à vivre ! C’est la fin de la solidarité, la mise en concurrence de tou‑te‑s les travailleurs‑euses, et l’incertitude sur l’avenir.

    Pour ce qui est des allocations‑chômage, Macron veut en durcir les conditions d’attribution : trois refus d’emploi dont le salaire n’est pas inférieur à 80 % conduiront à la suppression des allocations. Le but est d’obliger les chômeurs‑euses à accepter des salaires de plus en plus bas et des conditions de travail dégradées, et entraîner ainsi une pression à la baisse sur l’ensemble des salaires.

    Ces réformes sont préparées par la hausse de la CSG de 1,7 point (de 7,5 % à 9,2 %), présentée comme une compensation de la suppression des cotisations sociales chômage (2,4 %), en janvier, et maladie (0,75 %), à l’automne 2018. Au‑delà des effets sur le pouvoir d’achat à court terme, c’est bien un changement de nature qui s’opère : les cotisations sociales, c’est du salaire socialisé et redistribué pour protéger les salarié‑e‑s en cas de maladie, chômage, etc. La CSG est un impôt sur les ménages (et non sur les entreprises), géré par l’État, et le gouvernement aura l’arbitrage pour la gestion de ses recettes ! Ces mesures présagent la faillite de l’assurance chômage, qui viendra justifier les baisses des allocations…

    Des syndicats muselés

    • Réduction des représentant‑e‑s du personnel : fusion des trois instances syndicales ( DP, CE, CHSCT) remplacées par un conseil social et économique. Cette fusion va entraîner la baisse du nombre de délégué‑e‑s et de moyens alloués aux représentant‑e‑s syndicaux‑ales : moins de réunions, moins de temps accordé, et moins d’indépendance,
    • Les expertises auprès de juges qui étaient jusqu'ici à la charge des employeurs seront financées à hauteur de 20 % par les conseils sociaux et économiques,
    • Les syndicats pourront être contournés par le biais de négociations directes possibles avec un‑e salarié‑e non élu‑e et non mandaté par un syndicat, dans les entreprises de moins de 20 salariés ; avec un salarié élu mais non mandaté par un syndicat dans les entreprises de plus de 20 à 50 salariés. Les patrons vont pouvoir manipuler à leur guise les salariés en cherchant des alliances avec certains au détriment du collectif.

    État des forces dans le mouvement social et la nécessité d’une rupture avec les logiques politiciennes

    Depuis les années 1980, le code du travail a été attaqué 17 fois, au détriment de la protection de l’ensemble des travailleurs‑euses. Cela n’a en rien permis de réduire le chômage. Sans une contestation sociale de grande ampleur, nous n’aurons plus aucun des outils si maigres soient‑ils qui ont permis au peuple de défendre ses droits, et d’en obtenir de nouveaux. Les patrons ont tout à gagner à diviser les syndicats, à les transformer en coquilles vides. Il faut se battre pour des outils syndicaux et un syndicalisme de lutte, et non une cogestion de l’entreprise dont le but est d’éviter l’éclatement des conflits sociaux.

    Un mouvement social peut faire reculer le pouvoir ! Ce fut le cas plusieurs fois, quand bien même l’État tentait d’imposer des régressions sociales par des passages en force : renoncement de Juppé à réformer les retraites publiques par ordonnances en 1995, abandon du CPE adopté via le 49‑3 en 2006 (jamais appliqué après sa promulgation). Il ne faut pas donc pas sombrer dans la fatalité !

    Les jours de grève isolés ne suffiront pas pour gagner. Il nous faut préparer une riposte sociale d’ampleur, ce qui sera une tâche ardue car, à la précédente trahison de la CFDT (soutien à la loi El Khomri), vient de s’ajouter celle de la direction de FO. Mais les syndicalistes et les travailleurs‑euses, à la base, peuvent décider par elles‑mêmes et eux‑mêmes de défendre leurs intérêts. Les grèves sur la durée, les blocages économiques, en s’en prenant aux porte‑monnaie des patrons, pourront permettre de construire un réel rapport de force.

     Des salarié‑e‑s ultra précarisé‑e‑s

    • Plafonnement des indemnités prud’homales à 2 ans de salaires maximum, qu'on ait bossé 15, 20 ou 30 ans dans une boîte dans les entreprises de plus de 11 salariés. C'est encore pire dans les TPE : 2 mois et demi maximum de salaires même après 10 ans d'ancienneté !
    • Avec la généralisation du « contrat de projet », les salarié‑e‑s n’auront aucune garantie sur le temps de leur mission et pourront être licencié‑e‑s sans indemnité de précarité !
    • Baisse des salaires, durée de travail et horaires négociables dans chaque entreprise
    • Dérégulation du travail de nuit
    • Renouvellement des CDD à l'infini
    • Avec les ruptures conventionnelles collectives, les salarié‑e‑s licencié‑e‑s n'auront plus droit à un reclassement professionnel, une priorité à la réembauche, aux indemnités spécifiques prévues dans le cadre des plans de départ volontaire.
    • Réduction des délais de recours au‑delà desquels il ne sera plus possible de contester un licenciement

    Contre l’exploitation, la précarité et les inégalités sociales, c’est maintenant qu’il faut riposter et s’organiser pour changer de société

    Austérité sur les dépenses publiques et réformes ultralibérales sont les deux jambes d’une même politique capitaliste. Les dirigeants, exploiteurs, détenteurs des capitaux, recherchent toujours à dégager plus de profits, et légifèrent en ce sens, quitte à s’engager dans une fuite en avant : crises à répétition, destructions écologiques, guerres, etc. en seront immanquablement les conséquences.

    Contre l’exploitation, la précarité, et les inégalités sociales, c’est donc maintenant qu’il faut se mobiliser, faire face aux réformes libérales, lutter pour nos droits, et nous organiser pour construire une autre société. Ce sont le blocage de l’économie par la grève et les luttes collectives qui peuvent permettre d’établir un rapport de force en notre faveur ! L’État, structure de pouvoir confisqué par une minorité sur le plus grand nombre, par sa nature même, sera toujours au service des exploiteurs et des capitalistes.

    En tant qu’anarchistes, nous sommes pour l’autogestion de la société, par la démocratie directe et le fédéralisme, et pour une économie socialisée et égalitaire. Aujourd’hui, nous devons nous battre pour empêcher que nos droits et systèmes de solidarité, tous obtenus grâce aux luttes sociales, ne soient anéantis ! En luttant ensemble organisons‑nous pour construire une autre société, égalitaire et autogérée, sans rien espérer des politiciens.

    Pénalisation des femmes, renforcement des inégalités

    La nouvelle loi travail, comme la loi El Khomri, vient encore accroître les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes, déjà très fortes (26 % d’écart de salaire). En effet, les salarié‑e‑s les plus touché‑e‑s par la réforme sont ceux et celles en CDD ou travaillant dans des petites entreprises, deux catégories d’emplois où les femmes sont majoritaires. Avec l’inversion de la hiérarchie des normes, de nombreux droits, et notamment les droits familiaux (les congés enfants malades pris le plus souvent par les femmes, l’allongement du congé maternité et le maintien de la rémunération à 100%, l’allègement du temps de travail des femmes enceintes…) pourront être remis en cause par accord d’entreprise.

    Alors qu’actuellement la loi prévoit une négociation annuelle « égalité professionnelle qualité de vie au travail », et oblige l’entreprise à fournir des données aux salarié‑e‑s sur les inégalités professionnelles femmes / hommes, les ordonnances permettront, par accord d’entreprise, de changer le contenu de la négociation, de choisir les données sur l’égalité à transmettre (ou non), voire de ne pas négocier du tout.

    Les femmes, plus souvent à temps partiels, plus souvent précaires, assumant la plus grande partie des tâches parentales, seront particulièrement pénalisées par la possibilité d’imposer, toujours par accord d’entreprise, des clauses de mobilité (sans que la loi ne fixe de limite géographique ni d’obligation à prendre en compte la situation familiale des salarié‑e‑s), des modifications d’horaires et de temps de travail ou encore des baisses de salaires. Autres exemples, la disparition du CHSCT va affaiblir la prévention des violences sexuelles au travail, et le droit d’expertise dédié à l’égalité femmes / hommes à la charge de l’employeur est anéanti !

    Par Groupe Un Autre Futur Luttes Sociales Monde du travail
  • Des retours sur le procès de Richard Abauzit

    Des retours sur le procès de Richard Abauzit

    09 Sep 2017

    L’audience s’est bien passée. Mais les décisions de la justice de classe ont souvent peu à voir avec le droit, même celui en vigueur. Donc il faut attendre le 16 novembre pour savoir si on peut ou non dire que la gestion du personnel dans une entreprise est irrationnelle et cruelle sans risquer, en plus d’une amende pénale, les dizaines de milliers d’euros de dommages intérêts que demandent sans états d’âme ceux-là même qui maltraitent les salarié(e)s dans leur entreprise.

    Ci-dessous, l’article de la Marseillaise très fidèle à ce qui s’est dit à l’audience.

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