Monde du travail

  • Pour gagner c’est pas en 2012 – C’est maintenant, en grève illimitée

    10 Oct 2010

    Retraite : c’est un peu plus de nos vies qu’ils nous volent !

    La casse actuelle des retraites est une étape supplémentaire dans l’offensive que mène la bourgeoisie pour s’approprier une part toujours plus importante des richesses que nous produisons, une part toujours plus importante de nos vies, nous réduisant à l’état de marchandise.
    La bourgeoisie s’approprie chaque jour une part de notre vie, mais aussi des richesses que nous produisons. Le rapport salarial est un rapport d’exploitation, le vol légal d’une partie de la richesse sociale créée par les travailleuses et les travailleurs. Ce que le système capitaliste appelle le profit, qu’il légitime au non de la propriété privée, c’est un racket organisé de notre travail, de notre énergie, de nos affections, de nos corps. Accidents du travail, maladies professionnelles, nos corps s’usent au quotidien dans le travail salarié !
    Les luttes ouvrières et les luttes populaires ont permis, par le rapport de force, de faire reculer la précarité capitaliste, en arrachant au patronat et aux actionnaires une partie de ce qu’ils nous volent. C’est ce que n’a jamais accepté la bourgeoisie, qui n’a eu de cesse de vouloir se ré-approprier cette partie des richesses socialisées dans la sécurité sociale.

    L’État au cœur de l’offensive bourgeoise contre les retraites

    Pour cela, elle a trouvé un allié dans l’État, qui s’en est d’abord pris à la gestion ouvrière des caisses maladies et retraites, a installé la cogestion, puis l’étatisation, pour ensuite liquider progressivement cet embryon de socialisation qu’est le système par répartition. A l’aide des exonérations de cotisations patronales, l’État a créé artificiellement un trou, comme les capitalistes savent organiser artificiellement la faillite des boites dont ils souhaitent se débarrasser. En organisant le déficit, il a pu ainsi s’attaquer au système de retraite, d’abord en substituant au financement patronal un financement par les salariés (par les cotisations sociales et les impôts), puis en diminuant les pensions, notamment au moyen de l’augmentation des annuités et de l’âge de départ à taux plein. Il utilise également le report de l’âge de départ pour accentuer la durée d’exploitation des individus.

    Les responsabilités de la gauche

    Cette politique de démolition a été amorcée par la gauche avec le livre Blanc sur les retraites du gouvernement Rocard, en 1991, puis poursuivie par la droite en plusieurs étapes. L’alternance politicienne a permis de rythmer cette démolition en fonction de l’intensité de la résistance sociale, tout en faisant croire à un consensus politique autour du prétendu « problème démographique » qui rendrait selon les politiciens la réforme inévitable. La gauche s’est fait comme la droite le relais des intérêts de la bourgeoisie, le prétexte démographique présentant le rapport capitaliste d’exploitation comme indépassable, et évitant soigneusement de poser la question de l’appropriation des richesses par le patronat, considérée comme légitime et indépassable.

    Un vol organisé pourtant considéré comme légal par l’État et le capitalisme

    Il est possible pour toutes et tous de travailler moins longtemps, moins péniblement et de vivre mieux : mais pour cela, il faut refuser l’idée que le profit est légitime et remettre en cause le système capitaliste et l’État. Il faut taper dans les caisses du patronat. Car ce n’est pas parce qu’il est légal que ce racket organisé par la classe bourgeoise et l’État est légitime et acceptable. C’est en affirmant le refus d’un ordre social capitaliste fondé sur l’exploitation que le mouvement ouvrier a pu arracher au patronat et aux actionnaires une partie des richesses qu’ils s’approprient (augmentation des salaires, baisse du temps de travail, sécu), alors même qu’elles sont créées par les travailleuses et travailleurs. Dans cet esprit, nous devons nous battre contre la casse des retraites parce que nous refusons que le fruit de notre travail soit approprié toujours plus par la bourgeoisie. Parce que nous refusons que notre vie nous soit toujours plus volée pour le profit de la classe capitaliste.
    Cela suppose de construire un rapport de force face à la bourgeoisie et au patronat, par l’extension et la généralisation de la grève, en bloquant la production et les échanges, en tapant là ou ça fait mal, en affirmant qu’une alternative à l’exploitation capitaliste et à la domination étatique est possible.
    Parce que nous savons que tant que subsistera le système capitaliste et étatique, ce que la bourgeoisie nous concède d’une main devant la lutte, elle tentera de la reprendre de l’autre dès que possible : c’est ce que montrent les attaques incessantes contre nos conditions de vies et de travail, contre tout ce qui a été arraché de haute lutte à la bourgeoisie.

    Comment gagner ? Des propositions libertaires

    • En construisant un mouvement de grève interprofessionnel, dans la durée, qui stoppe la production et la distribution et donc agisse directement sur l’État et le patronat. Les journées de grève de 24 heures sont à cet égard inefficaces : les exemples de la Guadeloupe, de novembre-décembre 95, de 1968 et de bien d’autres luttes nous le démontrent.
    • Pour cela, il faut nous organiser par nous mêmes, car les bureaucraties syndicales font tout pour garder les luttes sous contrôle, en isolant les secteurs professionnels, les boites entre elles… Dans nos sections syndicales, dans nos lieux de travail, dans nos études, dans nos activités, il nous faut discuter avec nos collègues, nos ami-e-s. Organisons la grève au moyen d’assemblées générales,  par des mandatements contrôlables et révocables, favorisons sa durée par l’action directe.
    • C’est en militant toutes et tous pour la grève, et non pas en déléguant à des représentants ou des permanents, que nous pourrons l’élargir.
    • Pour étendre la grève, il nous faut sortir de nos salons, nos services, nos ateliers, nos lieux de travail et d’étude, aller dans les boites alentours pour discuter avec les autres travailleuses et travailleurs, et essayer de les convaincre de rejoindre le mouvement.
    • Pour faire durer la grève, il faut organiser la solidarité financière : collectes, caisses de grève, solidarité avec nos collègues les plus précaires.
    • Pour rendre la grève efficace, il faut bloquer collectivement la production (par exemple au moyen de piquets de grève…), mais aussi le transport des marchandises. Cela suppose de s’organiser collectivement pour minimiser les possibilités de répression.

    Notre projet

    Le seul moyen de pouvoir dépasser cette situation d’exploitation, d’appauvrissement et d’aliénation que nous subissons, est de développer la solidarité et l’entraide dans les luttes et dans nos quotidiens en vue d’une société fondée sur l’égalité économique et sociale et la liberté.
    Contrairement aux idées reçues, l’anarchisme n’est pas une désorganisation destructrice et chaotique de la société, mais au contraire sa réorganisation sur la base de la démocratie directe et du fédéralisme, pour sortir de l’impasse du capitalisme et de l’état et de toutes les formes d’exploitation.
    Nous défendons la perspective d’une société gérée directement par les travailleuses et les travailleurs, fondée sur la propriété commune des moyens de production, afin d’éviter toute appropriation du pouvoir, des richesses et de nos vies par une minorité dominante.
    Pour ce faire nous proposons une organisation autogestionnaire généralisée, fédéraliste, fondée sur une appropriation par toutes et tous et une mise en commun des moyens de productions et des richesses que nous produisons, sans hiérarchie et de façon égalitaire. Des assemblées générales dans les quartiers, les communes et les entreprises, qui désignent des personnes porteuses d’un mandat précis, contrôlé et révocable, de l’échelle locale à l’échelle internationale. C’est ce que nous appelons le communisme libertaire.

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    Par Groupe Un Autre Futur Anticapitalisme Monde du travail
  • Face à la régression sociale : Combattons le capitalisme, développons les luttes sociales

    05 Sep 2010

    Leur crise, c’est les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres

    Fillon a laissé échapper le mot avant l’été, c’est « la rigueur » : dégradations des conditions de travail dans le privé comme dans ce qu’il reste du secteur public, précarité généralisée, licenciements, hausse des prix, difficultés de logement pour des millions de personnes, etc.
    Sous couvert de crise, les tenants du pouvoir rognent sur les conquêtes sociales obtenues par le mouvement ouvrier au cours du 20ème siècle. Et la « réforme » des retraites s’inscrit complètement dans ce contexte d’offensive capitaliste. Car la crise, ce n’est pas pour tout le monde, l’année 2010 est marquée par une hausse des grandes fortunes mondiales tant en nombre qu’en volume …
    Ils appellent ça la rigueur, nous appelons cela une offensive du capitalisme
    Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres : ce n’est pas un effet de la crise, mais bien du système. Le recul de la combativité dans le monde du travail, l’apathie face aux mesures gouvernementales, et le contexte de crise financière et économique de ces 2 dernières années ont renforcé l’offensive patronale. La hausse continue des inégalités sociales n’est pas un effet de la crise mais bien du système capitaliste : la crise n’est qu’une traduction de la logique néo-libérale du capitalisme, basée sur l’augmentation de la consommation, de la productivité, de la concurrence et fondée sur la recherche permanente de la croissance et du profit, au bénéfice d’une minorité toujours plus riche.

    A la grande bouffe capitaliste, c’est l’État qui fait le service

    Se tourner vers l’État pour réguler « la folie » capitaliste est illusoire. Loin d’être le garant de l’égalité, il est la force organisatrice des inégalités au service du capitalisme. L’exemple de la « réforme » des retraites est éclairant : L’État organise l’allongement de la durée de cotisation et la décote par annuité manquante dans le but de baisser le niveau du montant des retraites et obliger ainsi à recourir à l’épargne privée.
    De même c’est l’État qui organise le glissement vers le marché de l’ensemble des activités vitales pour la société : santé, éducation, énergie, culture, communication. C’est lui qui organise pour les classes dirigeantes, économique et politique, le holdup social sur notre dos. Il est par nature basé sur la protection des intérêts du capital et sur la confiscation du pouvoir par une minorité. En ces temps de crise, il montre de façon criante sa collusion avec le capital : d’un côté, envoi de la police et décisions de justice contre les salariés qui se battent pour sauver leur emploi, criminalisation des plus pauvres : roms, sans-papiers et de l’autre, cadeaux aux banques et aux grands patrons qui peuvent détourner des millions d’euros, sans être inquiétés.

    2012 n’y changera rien, c’est sur le terrain social qu’il faut lutter

    C’est donc logiquement que toute tentative de changement social égalitaire par l’accession aux commandes de l’État, par la voie électorale ou « révolutionnaire », ne peut qu’échouer. Déléguer le pouvoir à une minorité, implique que celle-ci agira pour ses propres intérêts et reproduira à son profit les inégalités, que cette minorité soit de droite, de gauche ou d’extrême gauche. De Mitterrand, à Lula, Chavez, Lénine ou Mao, les résultats et les désillusions ont toujours été les mêmes. Les populations des pays européens où la gauche est actuellement au pouvoir comme par exemple en Espagne, subissent elles aussi les mesures de régression sociale. Espérer des élections de 2012 c’est se condamner à l’inaction aujourd’hui et préparer les désillusions de demain. Face à ce rouleau compresseur et bien au-delà de la seule question des retraites, la lutte des classes doit aussi s’organiser de notre côté sur le terrain social.

    Nous n’aurons rien sans reconduire la grève à la base !

    Les grèves interprofessionnelles de 24 heures sans lendemain, tout en parvenant à rassembler beaucoup de monde ont aussi démontré leur inefficacité à stopper la régression sociale. Nous devons passer de grèves et manifestations d’expression d’un mécontentement à des grèves de confrontation avec le pouvoir. La politique co-gestionnaire des bureaucraties syndicales ne permet pas d’envisager par elles l’avènement d’une lutte véritable. Penser que le fameux front syndical unitaire pourra nous y conduire est une impasse. L’unité au sommet, quand elle est obtenue, n’est que de façade (rappelons nous des négociations sur les retraites de 2003 !).  S’en remettre à des négociations à froid, déléguées, sans contrôle, à ces mêmes bureaucraties syndicales serait également vain.

    Passer à des grèves de confrontation avec le pouvoir

    Il est vrai que, comme nous l’assène les bureaucraties syndicales, « la grève générale, ça ne se décrète pas ». Encore faut-il avoir la volonté de la construire … C’est, dans les semaines qui viennent, cet objectif de construction qui doit animer, à la base, au-delà des appartenances syndicales, ceux et celles qui ne veulent plus subir. 
    Nous devons aussi renouer avec les méthodes traditionnelles de lutte du mouvement ouvrier comme les occupations des lieux de travail, les blocages des centres économiques névralgiques etc.
    La radicalité qui s’est exprimée dans certaines actions de salariés contre leurs licenciements (séquestration de patrons et de cadres, sabotage ou réquisition des outils de production) nous montre la voie à suivre.

    Face à la barbarie capitaliste, des luttes ici et maintenant pour préparer une révolution sociale !

    Face à un pouvoir déterminé, nous devons lors de ce mois de septembre œuvrer à étendre et radicaliser la grève. Mais s’arque bouter sur les acquis du passé rognés les uns après les autres ne suffira pas. Il est temps de passer à la contre-offensive.
    Pour se battre encore faut-il savoir pourquoi et avoir un projet de société alternatif au capitalisme. Nous, anarchistes, sommes porteurs d’un projet de société.
    Pour nous, anarchistes, cette contre-offensive s’inscrit dans un projet de société alternatif au capitalisme et à l’étatisme. Nous luttons pour une économie socialisée, solidaire et égalitaire, gérée directement par les travailleurs-euses et les usager-e-s.
    A l’idée de l’État, il faut substituer la participation du plus grand nombre aux prises de décisions, cela avec des structures fonctionnant sur la démocratie directe (permettant la participation de toutes et tous) sur des mandats révocables pour empêcher que se reconstituent des privilèges et sur le fédéralisme pour construire des projets de grande ampleur. C’est à partir des mouvements sociaux que doit se construire la gestion directe de la société, de la production et de la distribution des biens et des services. C’est dès maintenant, au sein des luttes, que nous pouvons faire l’apprentissage de décider et gérer la conduite des mobilisations, pour demain prendre en charge la conduite de la société.

    Tract distribué par le groupe Un Autre Futur de Montpellier de la Coordination des Groupes Anarchistes à la manifestation contre la casse des retraites du 07/09/2010.

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    Par Groupe Un Autre Futur Anticapitalisme Monde du travail
  • Le racket sur nos retraites c’est le capitalisme et l’Etat – Débarrassons nous-en !

    29 Avr 2010

    Situation sociale : Retour vers le futur

    La situation sociale actuelle montre la violence du système qui régit nos vies. Chômage et précarité explosent pour que grands patrons et actionnaires continuent à empocher leurs dividendes. Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres : ce n’est pas un effet de la crise, mais bien du système. La crise n’est qu’une traduction de la logique du capitalisme, fondé sur la recherche permanente du profit, au bénéfice d’une minorité.
    Elle donne le prétexte aux tenants du pouvoir pour accélérer « les réformes nécessaires » à leurs yeux. Traduire par : rogner sur les conquêtes sociales obtenues  par le mouvement ouvrier au cours du 20ème siècle, casser les filets sociaux, dégrader les conditions de travail et développer l’hyper précarité pour empêcher les solidarités de se créer, privatiser et marchandiser l’ensemble des activités humaines pour accroître leurs profits. La « réforme » des retraites s’inscrit complètement dans cette logique. L’allongement de la durée de cotisation et la décote par annuité manquante ont pour but de baisser le niveau du montant des retraites et obliger ainsi à recourir à l’épargne privée. On en est bien là, la lutte des classes n’a pas cessé, les exploiteurs le savent bien et s’y emploient.

    Nous n’aurons rien sans nous battre ensemble et au-delà de 24 h !

    Face à cela, la lutte des classes doit aussi s’organiser de notre côté. Les grèves interprofessionnelles de l’année dernière ont montré que beaucoup ne sont pas prêts à se laisser faire. Mais ces grèves de 24 heures sans lendemain ont aussi démontré leur inefficacité. Pour contrer la régression sur les retraites, nous devons passer de grèves et manifestations d’expression d’un mécontentement à des grèves de confrontation avec le pouvoir. La politique co-gestionnaire des bureaucraties syndicales ne permet pas d’envisager par elles l’avènement d’une lutte véritable. Penser que le fameux front syndical unitaire pourra nous y conduire est une impasse. L’unité au sommet, quand elle est obtenue, n’est que de façade (rappelons nous des négociation sur les retraites de  2003 !).  S’en remettre à des négociations à froid, déléguées, sans contrôle, à ces mêmes bureaucraties syndicales serait également vain.

    Construire une riposte sociale unitaire à la base !

    Il est vrai que, comme nous l’assène les bureaucraties syndicales, « la grève générale, ça ne se décrète pas ». Encore faut-il avoir la volonté de la construire … C’est, dans les mois qui viennent, cet objectif de construction qui doit animer, à la base, au-delà des appartenances syndicales, ceux et celles qui ne veulent plus subir.
    Nous devons aussi renouer avec les méthodes traditionnelles de lutte du mouvement ouvrier comme les occupations des lieux de travail, les blocages des centres économiques névralgiques etc.
    La radicalité qui s’est exprimée dans certaines actions de salariés contre leurs licenciements (séquestration de patrons et de cadres, sabotage ou réquisition des outils de production) nous montre la voie à suivre.

    Etat et patronat main dans la main pour nous plumer, 2012 n’y changera rien !

    Tant qu’il y aura le capitalisme, il y aura des crises et de la misère. Se tourner vers l’état pour réguler « la folie » capitaliste est illusoire. L’état est par nature basé sur la protection des intérêts du capital et sur la confiscation du pouvoir par une minorité. En ces temps de crise, l’état montre de façon criante sa collusion avec le capital : d’un côté envoi de la police et décisions de justice contre les salariés qui se battent pour sauver leur emploi et de l’autre cadeaux aux banques et aux patrons… Toute tentative de changement social égalitaire par l’accession aux commandes de l’état, par la voie électorale ou « révolutionnaire », a échoué. Déléguer le changement aux politiciens de gauche ou d’extrême gauche, serait donc une impasse … de Mitterrand à Lula en passant par Lénine ou Mao, les résultats et les désillusions ont toujours été les mêmes. Espérer des élections de 2012 c’est se condamner à l’inaction aujourd’hui et préparer les désillusions de demain.

    Changer de cap, rompre avec le capitalisme et l’État

    Il faut donc se donner des perspectives de changement de société pour rompre avec le  capitalisme et l’état. Nous, anarchistes, sommes porteurs d’un projet de société. Nous voulons une économie socialisée et égalitaire gérée directement par les travailleurs et les usagers. A l’idée de l’état, il faut substituer la participation du plus grand nombre aux prises de décisions. Cela avec des structures fonctionnant sur la démocratie directe, pour permettre la participation de toutes et tous, sur des mandats révocables pour empêcher que se reconstituent des privilèges et sur le fédéralisme pour construire des projets de grande ampleur. C’est à partir des mouvements sociaux que doit se construire la gestion directe de la société, de la production et de la distribution des biens et des services. C’est dès maintenant, au sein des luttes, que nous devons faire l’apprentissage de décider et gérer la conduite des mobilisations, pour demain prendre en charge la conduite de la société.

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    Par Groupe Un Autre Futur Anticapitalisme Monde du travail
  • Contre la privatisation de la Poste : c’est la grève qu’il faut voter !

    01 Nov 2009

    La direction de La Poste et le gouvernement avaient annoncé au cours de l’été 2008 leur intention de privatiser le groupe La Poste avant l’ouverture totale à la concurrence du secteur en 2011.. Le moyen prévu pour y parvenir était semblable à celui utilisé par le passé pour d’autres entreprises publiques comme France Télécom ou EDF-GDF, à savoir la création d’une société en action avec capitaux publics afin de faire sauter le verrou du statut de l’entreprise. Une fois ce verrou débloqué, le reste peut suivre, cotation en bourse, introduction de capitaux privés, jusqu’à, comme avec GDF-Suez, la fusion permettant la création d’une nouvelle entreprise. Cependant la crise des subprimes aux états-Unis suivie de la crise financière mondiale à l’automne 2008 a refroidi un peu l’empressement à légiférer pour introduire les services postaux en bourse. Le projet a donc été mis en suspens, en attendant une situation économique plus favorable, et politiquement plus stable. Les marchés financiers ayant, grâce entre autre à l’injection d’argent public, retrouvé le chemin de la spéculation rentable, le projet de transformer La Poste en société anonyme est de retour dans l’agenda gouvernemental depuis la fin du printemps et dans le calendrier parlementaire depuis octobre pour un vote définitif en décembre.

    La privatisation des activités postales en France s’inscrit dans une politique bien plus large qui est celle de la libéralisation des marchés et de la privatisation des entreprises du secteur public à l’échelle européenne et mondiale. Elle s’inscrit aussi dans la logique de privatisation d’autres services, comme l’énergie, les télécommunications ou l’éducation. Cette vague de privatisation a été pensée et mise en route il y plus de trente ans. Si l’activité postale a toujours été liée à l’état pour des raisons de contrôle stratégique évidentes, la période de la reconstruction après 1945 a été une période de nationalisation importante et a introduit la notion ambiguë de service public géré par l’État. Cette ambiguïté est issue d’un compromis fait par les classes dirigeantes pour répondre aux nouveaux rapports de force sociaux qui ont suivi la crise de 1929 et la 2ième guerre mondiale. Ainsi les nouveaux rapports de force hérités de la lutte contre le fascisme auquel une partie de la bourgeoisie avait collaboré, ont conduit à donner via les services publics des petits bouts de redistribution des richesses , mais contrôlés par l’état. Mais ils ont aussi servi les intérêts du capitalisme d’après-guerre en assurant des profits au capital par la construction par la collectivité des infrastructures aidant à son développement. A partir des années 60 et 70 la baisse du niveau de profit, liée aux luttes ouvrières puis aux chocs pétroliers, a donné la contre offensive libérale, par l’ouverture des marchés et les privatisations des services publics. Les gestionnaires politiques de droite comme de gauche ont commencé à libéraliser.

    La privatisation de La Poste découle comme pour d’autres secteurs de cette logique, mise en concurrence de l’activité et privatisation. Le but étant d’ouvrir le marché pour capter les bénéfices liés à cette activité. C’est un enjeu, puisque La Poste a un chiffre d’affaires supérieur à 20 milliards d’euros par an et a fait 2,5 milliards de bénéfices entre 2006 et 2008. Mais la privatisation d’un service public comme La Poste a en plus un but idéologique. Celui de promouvoir l’idée selon laquelle le marché serait le plus efficace pour organiser la société. Il faut donc moderniser l’entreprise. Cela s’est fait sur vingt ans, par touches successives. D’abord en 1989-91 avec la séparation des PTT en deux ; et le choix du statut d’Epic pour La Poste, lui permettant entre autre d’employer des travailleurs de droits privé. Ensuite, par l’ouverture graduée à la concurrence des activités jusqu’à l’ouverture totale en 2011, et enfin par le changement de statut de l’entreprise pour y faire face, selon le discours servi par la direction de l’entreprise et le gouvernement. A chaque fois, c’est l’état qui a été à la manœuvre pour organiser le démantèlement, montrant ainsi qu’il n’est pas un acteur neutre agissant pour le bien commun, mais un outil de domination au service du capital. Derrière les discours rassurants sur le thème de « ce n’est pas une privatisation », il s’agit clairement de faire un cadeau aux patrons.

    Jusqu’à présent, les privatisations ont été faites par les gouvernements, sans trop de peine. Jospin a privatisé France Télécom en ne faisant face qu’à des journées de grève dans l’entreprise, sans soutien et mobilisation dans la société. Avec EDF-CGF Sarko a fait de même, sans à avoir à affronter un vrai bras de fer avec les organisations syndicales du secteur. La privatisation de La Poste présente une autre configuration. En France les services publics sont un enjeu du débat politique sur les choix de société. La Poste est symbolique pour la population de ce qui reste de services publics– avec l’école et l’hôpital – et à travers la distribution du courrier les gens ont un rapport quotidien et humanisé de ce service qui le singularise par rapport à ses prédécesseurs. La période politique n’étant pas aux luttes d’ensemble ou offensives, la défense de ce qui reste de service public postal devient fédérateur. Les gens percevant instinctivement que c’est un recul social, fort de l’expérience d’autres privatisations qui ont conduit à l’augmentation des tarifs et à la dégradation des prestations. La situation est donc plus favorable pour empêcher le gouvernement de faire ce cadeau au capital. Bien sûr, un échec du gouvernement ne stoppera pas la libéralisation qui entraîne aussi une dégradation. De même la gestion étatique ne présente aucune garantie sociale. Mais même défensive, une lutte victorieuse donnerait des billes pour se battre aux salariés de La Poste.

    L’opposition à la privatisation se construit autour de deux structures. Une unitaire syndicale de La Poste et un comité national réunissant 60 organisations dont les syndicats du secteur. Dans les faits depuis deux mois, c’est ce dernier qui fixe les orientations, palliant les difficultés d’avoir des positions syndicales offensives. La mobilisation a démarré entre la fin septembre et début octobre. D’abord par une journée de grève de 24H à La Poste qui a mobilisé un peu moins de 40% du personnel. Ensuite par l’organisation d’un vote appelé citoyen pour réclamer un référendum. Cette première étape fut un succès en demi teinte. Le niveau de grève du 22 septembre est loin d’être un échec, mais n’est pas non plus la déferlante qui ouvrirait sur une grève dure. La votation du 3 octobre, si elle est un succès en terme de participation – 2,2 millions de votants pour 10.000 points de vote – et d’outil pour rallier la population, est ambiguë. Elle reste sur le terrain institutionnel en demandant un référendum qui ne peut exister que par la bonne volonté du pouvoir sans se donner de moyen de l’y contraindre. Elle laisse penser qu’un simple mouvement d’opinion suffirait pour gagner, laissant désarmé face à la réalité de l’état qui n’a pas pour objet de réaliser la volonté populaire, ni le bien commun. Cela s’explique par la réalité des forces politiques qui composent ce comité. Les suites de la mobilisation le montre nettement puisque les étapes suivantes confirment le même choix. Tous les leviers institutionnels sont proposés avant d’envisager, à la fin du débat parlementaire, la construction du rapport de force dans la rue par des manifestations. Coté syndical, les mêmes atermoiements risquent de conduire à la défaite. Là aussi la plupart des syndicats se contenteraient d’un mouvement d’opinion, sans construire un rapport de force effectif. La question d’une grève dure est bien à l’ordre du jour des débats de l’intersyndicale du 5 novembre mais a très peu de chances d’être retenue.

    La privatisation étant un cadeau fait au capital, avec pour conséquence une dégradation des conditions de travail dans l’entreprise et une détérioration de l’accès pour les couches populaires, il est nécessaire d’y faire échec. Le moyen, c’est la grève qui bloque l’acheminement et paralyse les entreprises. Ce n’est pas la seule expression d’une opinion, mais la construction d’un rapport de force qui contraindra le gouvernement à reculer. L’enjeu est de le construire aussi dans la population en passant de l’expression d’une opinion à la lutte contre le projet de loi. Investir les espaces de luttes, de manifestations et favoriser le soutien concret de la population à la grève peut-être déterminant pour changer la donne. La grève peut devenir populaire comme le montre aujourd’hui le soutien apporté aux conflits locaux. A nous également de poser la question de la finalité. Car bien sûr la gestion étatique ne protège de rien, et le statut quo n’offre pas de réelles améliorations. D’autant que c’est l’état qui organise le modèle concurrentiel, la course à la rentabilité et l’exploitation des salariés du secteur. En tant qu’anarchistes, outre la défense des intérêts de classes immédiats, à nous de mettre en débat non pas la nationalisation chère aux courants étatistes de la gauche, mais la gestion directe des services postaux.

    Stéphane,
    Groupe de Montpellier

    Par Groupe Un Autre Futur Anticapitalisme Monde du travail
  • Contre les licenciements : passons des séquestrations à l’autogestion !

    01 Juil 2009

    Les luttes autour des grands groupes industriels qui licencient ont été largement médiatisées du fait des actions de séquestration de patrons ou de cadres. Elles occupent aujourd’hui une place centrale dans les conflits sociaux, car elles sont emblématiques de la crise du capitalisme. Ces  licenciements incarnent parfaitement le développement du chômage de masse avec plus de 600 000 chômeurs supplémentaires prévus en France, pour un total de 20 millions en Europe et de 249 millions à l’échelle de la planète. Mais ces luttes montrent aussi les pratiques du capital qui continue ses restructurations pendant la crise, avec pour objectif une rentabilité toujours plus forte, montrant ainsi la violence des rapports exploités/exploitants. Pour tout cela, les ouvriers licenciés représentent aujourd’hui le symbole de la résistance et du combat au même titre que la grève générale en Guadeloupe il y a quelques mois. En l’absence d’une riposte sociale d’ensemble au niveau interprofessionnel, les luttes contre les licenciements deviennent le point de cristallisation des conflits.

    Lutter contre les boîtes qui licencient

    Caterpillar, Molex, Goodyear, Continental, Freescale… autant d’entreprises qui ne sont pas en péril financier, mais qui pourtant ont décidé la fermeture de tel ou tel site de production. C’est la logique interne du marché qui pousse à la fermeture. Cette logique, c’est un taux de profit maximum, supérieur à 10%, qui fait se déployer le capital à l’échelle planétaire. Mais au-delà des seules boîtes qui font des bénéfices en licenciant, cette c’est la logique qui résulte d’une économie basée sur la création de profit pour quelques-uns, en lieu et place de la satisfaction des besoins de la population, qui a comme résultat la multiplication des licenciements, notamment ceux moins visibles qui ont lieu dans les PME et PMI.
    Aujourd’hui, ce sont des luttes « dos au mur » que mènent ces exploités et leurs possibilités sont définies par cette situation. Ainsi, la revendication d’une prime de départ substantielle n’est à juger qu’au regard de la réalité du rapport de force entre ouvriers et patrons. Celles et ceux persuadé-es que leur boulot va disparaître ou être restructuré en créant des conditions de travail insupportables comme à Caterpillar ou Goodyear, ont toute légitimité à se battre pour des conditions de départ qui leur permettent d’envisager un avenir autre que le  RSA. Pour autant, nous ne devons pas perdre de vue que chaque fermeture ou restructuration est une victoire pour le capital, garantissant son taux de profit. Par conséquent, la revendication du refus des licenciements est tout autant légitime, chaque fois qu’elle est l’expression concrète des revendications des exploités. D’autant que le fait d’être licencié ne change pas le modèle global du salariat, tend à isoler celles et ceux qui ont lutté, détruit les outils collectifs qu’ils ont construits dans la lutte, et bloque ainsi la transmission des expériences de luttes. C’est ce qui s’est passé avec la sidérurgie française ou avec les mineurs anglais dans les années 80, faisant disparaître du salariat les réflexes les plus combatifs.

    Il serait illusoire de porter le moindre espoir dans le mot d’ordre de la gauche et de l’extrême gauche de l’interdiction des licenciements. Outre son coté insuffisant qui légitime les charrettes de licenciements de pans entiers de l’économie et ne remet pas en cause la restructuration du capital, ce mot d’ordre est paralysant pour les exploités. Il fait croire que l’état est protecteur dans le conflit entre les salariés et les patrons, qu’il est neutre dans une société divisée en classes sociales. Il détourne les ouvriers licenciés du combat qu’ils doivent mener contre le patronat et son protecteur, l’état.

    A l’inverse, les séquestrations de cadres ont permis des avancées comme l’obtention d’indemnités plus importantes et cela notamment parce qu’elles ont accru le rapport de force. Sans les mythifier, elles renvoient au panel des nombreuses formes d’actions directes que les exploités peuvent utiliser face à leurs exploiteurs, dont certaines restent à utiliser voire à inventer. La séquestration des stocks et des outils de production en est une autre, et peut dans certains cas être un élément déterminant du rapport de force, comme pour les entreprises qui délocalisent qui attachent plus d’importances au fric que représentent leurs machines et leurs stocks qu’à la sécurité de leur encadrement. Ce sont ces moyens-là qui peuvent provoquer des victoires.

    Ouvrir des perspectives

    Pour nous, anticapitalistes et anti-étatistes, l’intervention dans les luttes contre les licenciements doit se donner plusieurs objectifs. D’abord, ancrer cette bataille dans les entreprises en aiguisant la combativité des ouvriers, plutôt que confier cette bataille à des partis politiques qui s’autoproclament représentants des exploités. Ensuite, faire que la lutte soit investie par le plus grand nombre et quelle se dote des structures qui permettent à tous d’agir et de contrôler totalement leur lutte. Mais aussi mettre en avant les formes de luttes et les choix qui renforcent, au profit des salariés, le rapport de force pour permettre des victoires. Enfin, proposer des modes d’action qui permettent d’aller le plus loin possible dans la remise en cause des mécanismes de l’économie  de marché afin de s’en émanciper.

    Le premier enjeu est d’appliquer à ces luttes la même logique que pour toutes les autres ; à savoir l’extension. Pour gagner il faut un rapport de force conséquent et l’isolement est un facteur important des défaites comme les grèves dans l’éducation en 2003 ou à la SNCF en 2008 l’ont clairement montré. Donc, approfondir la mobilisation là où elle existe, mais aussi viser en plus des sites de la même boîte, des sites dans la même industrie et le même secteur et l’exporter vers d’autres branches d’activité au niveau territorial, en commençant par les plus proches en terme de branche. C’est une étape importante à la fois pour obtenir satisfaction sur les revendications comme pour permettre la compréhension politique d’une globalité d’intérêts divergents avec ceux des classes dirigeantes, compréhension nécessaire pour envisager que les travailleurs prennent en charge la transformation sociale de la société.
    Il ne s’agit que d’augmenter et systématiser ce qui existe déjà instinctivement chez les salariés en lutte. Les Continental de l’usine de Compiègne ont manifesté avec leurs camarades allemands, devant un site de l’est de la France, et avec les Goodyear. Ceux de Molex et de Freescale à Toulouse se sont rencontrés. Ce sont bien ces pratiques qui sont à encourager parce qu’elles permettent à chacun de se renforcer face au patronat, mais aussi parce qu’elles créent une conscience d’intérêts qui dépasse les murs de l’usine comme les frontières du pays. Ce n’est plus tel patron qui agit comme ça, mais le patronat dans sa globalité qui est identifié comme ennemi de classe.

    L’autre enjeu est d’apporter des réponses qui mettent le pied à l’étrier d’une sortie du mode d’exploitation capitaliste. Pour cela, nous devons bien sûr populariser notre projet social, notamment autour de la socialisation des moyens de production et d’échange, de l’égalité économique et sociale avec une répartition égalitaire des richesses, de la gestion directe par les travailleurs d’une production socialement utile et écologiquement soutenable. Nous devons aussi populariser l’autogestion comme la pierre angulaire de notre alternative au capitalisme et à l’état. Mais nous devons également proposer l’autogestion des entreprises qui licencient comme point de départ dans les luttes d’aujourd’hui, tout autant que comme outil pour la transformation sociale. Car, si l’autogestion, en se généralisant peut être un vecteur de la transformation révolutionnaire, dés aujourd’hui, au même titre que les séquestrations, elle peut représenter une réponse concrète pour conserver l’emploi et augmenter le rapport de force. C’est donc, tout en étant conscient de ses limites, une proposition politique à mettre au débat et qui peut rencontrer les aspirations de celles et ceux qui luttent.

    Il y a néanmoins des freins et des contradictions dans cette option. La plupart des entreprises en question sont dépendantes des commandes des donneurs d’ordre pour écouler leurs marchandises ce qui représente un frein important à la reprise de la production par les ouvriers. Cependant la mise en commun de plusieurs entreprises autogérées du même secteur peut là encore modifier plus favorablement le rapport de force pour la vente des marchandises. De plus, dans cette période de crise, on ne peut douter de la solidarité qu’inspirerait cette action et des possibilités importantes de mobilisation qu’elle pourrait ouvrir, créant une situation politique nouvelle. Par contre, le fait d’évoluer dans un contexte économique capitaliste ferait reposer sur ces entreprises autogérées des contraintes qui tendraient à réduire l’autogestion et à rogner la démocratie ouvrière chèrement conquise. Cela reste C’est bien à l’autogestion généralisée qu’il faut parvenir, et la réponse immédiate aux licenciements ne doit pas rester une fin en soi, mais un palier dans la lutte, au risque de transformer la victoire en défaite à moyen terme.

    Pour conclure

    La reprise de la production, en plus de pouvoir représenter une forme efficace pour obtenir satisfaction sur le maintien de l’emploi, permet plus que cela. Cette autogestion, même limitée, pose en creux la question du projet de société. A nous de l’élargir, de l’approfondir, car elle est le palier qui pousse à interroger le sens de la production, et de sa finalité. Et c’est bien notre projet communiste libertaire par lequel où nous reprenons tout pour l’intérêt de tous, le choix de nous choisissons ce que nous produisons, comment nous le produisons, pour qui nous le produisons, qui peut être mis en proposition. Les anarchistes sont trop peu nombreux à eux seuls pour mettre en oeuvre ces propositions, et lutter pour rompre avec le capitalisme. Mais la progression des tensions et leurs cristallisations autour des licenciements, créent des conditions favorables pour que les exploités utilisent nos méthodes et nos propositions, parce qu’aujourd’hui plus que jamais, elles correspondent à leurs réalités. Et il n’y a qu’un pas, pour que l’utilisation de ces propositions immédiates ouvre de vraies perspectives de rupture sociale.

    Groupe de Montpellier

    Par Groupe Un Autre Futur Anticapitalisme Monde du travail
  • Contre la politique du chacun pour soi : passons à l’offensive pour changer de société

    18 Oct 2007

    Contre la politique du chacun pour soi : passons à l’offensive pour changer de société

    L’état et le patronat organisent la casse sociale

    Nous assistons à une véritable liquidation de ce qu’il reste du système français de protection sociale. Derrière une division volontaire des problèmes (retraites, politique fiscale, financement de la sécurité sociale, chômage, éducation etc.) c’est un modèle de société cohérent que le gouvernement nous impose. D’un côté flexibiliser toujours plus  le marché du travail et diminuer les droits sociaux. De l’autre, accroître les bénéfices des plus riches. Pour les vrais privilégiés les cadeaux pleuvent grâce aux paquet fiscal de 15 milliards d’euros voté cet été. Une guerre de classe de haute intensité nous est déclarée. A cette mise en pièce des conquêtes sociales obtenues de haute lutte par le mouvement ouvrier au cours du 20ème siècle, s’ajoutent un autoritarisme et une utilisation de la répression assumés. Anticipant le moment où le bourrage de crâne médiatique ne suffira  plus, le gouvernement se dote de mesures sécuritaires pour empêcher et réprimer les mouvements sociaux, en bon garant du rôle dévolu à l’état. La loi sur le service minimum dans les transports, attaque au droit de grève, à pour objectif de limiter les capacités d’actions des travailleurs.

    Une société du chacun pour sa gueule et du tou-te-s contre tou-te-s

    Rien de nouveau pourrait-on dire car depuis vingt ans, ceux qui gèrent le système, de droite ou de gauche oeuvrent dans ce sens. Mais au-delà de l’accélération du phénomène, on peut noter une nouveauté dans la posture du gouvernement : il mène une  bataille d’idée pour susciter une adhésion de la population aux valeurs libérales. Son but est de discréditer les valeurs de solidarité et d’entraide, pour les remplacer par le mérite et la responsabilité individuelle. Que le plus fort gagne, tant pis pour les plus faibles. Les perdants deviennent alors les seul-e-s responsables de leur misère.
    Avec cette offensive, leur but est de construire un individu isolé, en discréditant à l’avance, par un matraquage médiatique, l’action des groupes sociaux attaqués. Le gouvernement tente ainsi d’affaiblir le mouvement social et sa défense des acquis de tous, en le coupant d’un soutien populaire large. A cette méthode, utilisée en Angleterre par Thatcher pour détruire le mouvement ouvrier, opposons une solidarité et une mobilisation réelle.

    Eux une poignée, nous des millions : faisons converger les luttes dès le 18 octobre !

    La situation est grave. Chômeurs, salarié-e-s public privé,  étudiant-e-s, nous sommes tous et toutes concerné-e-s. Il est urgent d’investir tout les espace de résistance pour organiser une riposte sociale de masse face à l’État. Face à son action au profit d’une minorité, opposons la force des millions d’exploité-e-s. L’appel à la grève du 18 octobre doit nous permettre d’affirmer cette solidarité de classe et de montrer notre détermination à ne pas laisser faire. On ne fera reculer l’Etat qu’en s’attaquant au portefeuille des patrons en paralysant le pays par une grève massive.  La force de millions d’individus décidé-e-s dans un mouvement social ne peut être contenue longtemps par la répression et les habiletés politiciennes. La construction de cette riposte globale n’est pas aisée. C’est pourtant la seule voie raisonnable pour espérer changer la tendance.

    Se révolter, s’organiser pour une autre société

    Stopper les attaques en cour ne suffit pas. Pour mettre fin à l’exploitation et partager égalitairement les richesses, nous devons passer à l’offensive et préparer un projet alternatif au capitalisme. Cela ne passera pas par une hypothétique recomposition à gauche dès lors qu’elle s’inscrit sur le plan éléctoral de la délégation de pouvoir. Elle répéterait les impasses du passé avec ses renoncements liés à la prise de pouvoir et à la gestion du système. De Mitterrand à Lula les résultats ont toujours été les mêmes.
    C’est sur des bases autogestionnaires, de contrôle direct de l’économie et des décisions politiques, que nous pourrons construire ensemble notre émancipation. A l’opposé des valeurs de concurrence, de réussite individuelle et de hiérarchie mettons en avant l’égalité et la solidarité. Organisons nous à la base sans délégation de pouvoir pour faire vivre la liberté.

    Nous n’aurons que ce que nous prendrons !

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    Par Groupe Un Autre Futur Anticapitalisme Monde du travail
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