Sécuritaire

  • L’affaire Pandora ou le terrorisme d’état espagnol

    05 Fév 2015

    Voici un article paru le 31 janvier sur indymédia Barcelone
    http://barcelona.indymedia.org/newswire/display/493938/index.php

    Une camarade nous l’a traduit, en voici la version française :

    Le juge Javier Gómez Bermúdez signe la liberté conditionnelle avec un dépôt de 3.000€ pour chacune des sept personnes enfermées dans les prisons à Madrid.

    Elles ont été arrêtées le 16 Décembre et sont restées en prison jusqu’au 30 Janvier. Elles ont passé un mois et demi derrière les barreaux après que la police catalane a pris d’assaut leurs maisons suite à une macro-operation appelée Pandora, qui selon l’État visait au démantèlement d’une prétendue organisation de « terrorisme anarchiste ». Leur libération immédiate, confirmée par des sources judiciaires, s’est faite le même jour que la déclaration du ministère de la Police Autonome de la Catalogne dans la presse décrivant les accusations contre les détenus. Bien que la police catalane voulaient garder le secret de la procédure jusqu’au prochain 22 Février, le juge a soudainement changé d’avis et a refusé de prolonger la recherche en donnant fin à l’emprisonnement des 7 personnes.

    Il est prévu qu’elles puissent quitter les cellules des prisons de Estremera, Soto del Real, Aranjuez et Valdemoro, toutes situées à la périphérie de Madrid, vendredi après-midi. Les preuves de soutien à ces jeunes n’ont pas cessé depuis Décembre. Le jour des raids et arrestations, une manifestation de plus de 3000 personnes a défilé dans les rues de Gràcia. Et, en plein Noël plus de 1500 personnes ont manifesté dans le centre-ville et du Paseig de Gràcia derrière une banderole qui disait : « Les terroristes sont ceux qui nous condamnent à une vie de misère, pas ceux qui se rebellent contre celle-ci ».

    La CNT- AIT avait déjà appelé à un rassemblement dans le courant du mois de janvier puis à nouveau le vendredi 30 janvier à 10h devant le consulat espagnol à Montpellier à ce sujet. Leur tract est joint à cet article.

    Cet article publié sur Contra Info donne quelques éléments sur les accusations à leur encontre, et rappelle que, malgré la libération des 7 camarades, ces accusations restent toujours en place et que des mesures de contrôle judiciaire strictes vont être appliquées. Enfin, deux camardes restent détenu-e-s en prison préventive :

  • Non à l’extrême droite, nationaliste ou religieuse !

    29 Jan 2015

    Nous condamnons les assassinats perpétrés le 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo. Rien ne permet de justifier ce crime fasciste. Il en est de même pour la prise d’otage et les assassinats antisémites qui ont eu lieu dans une épicerie casher le vendredi 10 janvier. Nous condamnons les attaques fascistes ciblant des lieux de cultes musulmans ainsi que des personnes musulmanes ou désignées comme telles. Nous condamnons également les interprétations « complotistes » qui tendent à relativiser ce qui s’est passé.

    Ces attentats s’inscrivent dans un contexte de crise politique, économique, écologique et sociale avec une montée générale du fascisme. Que ce soit le fascisme religieux ou le fascisme nationaliste qui se pose en « protecteur de l’Occident chrétien », tous convergent vers un même soi-disant « choc des civilisations » qui entretient l’idée d’une guerre de « tou-te-s contre tou-te-s » et veulent nous pousser à choisir entre l’un ou l’autre. Cette montée du fascisme sous ses différentes formes est du pain béni pour la bourgeoisie, puisqu’elle remplace l’affrontement de classe, la remise en cause du système capitaliste, impérialiste, raciste et patriarcal.

    On ne peut pas nier que prendre pour cible un journal identifié comme « de gauche », c’est aussi développer l’islamophobie à gauche et détruire les dernières solidarités antiracistes qui existent avec la minorité nationale musulmane. Ces actes ouvrent la voie à une nouvelle déferlante raciste, dont les attentats islamophobes récents sont les premières étapes, et donnent une possibilité aux terroristes de se poser en défenseurs de la communauté musulmane.

    Le contexte d’ « union sacrée » où l’on voit s’unir l’ensemble des partis politiques bourgeois, du FN jusqu’au Front de Gauche, est extrêmement dangereux pour nos libertés. Ce contexte tend à diviser la population en deux : d’un côté « les barbares » et de l’autre les « Charlie ». Nous refusons cette vision simpliste. Elle participe au confusionnisme ambiant et à la banalisation de l’extrême-droite.

    Dans la grande parade républicaine du 11 janvier, on pouvait y trouver des représentants de l’ensemble des partis politiques français. On pouvait aussi trouver un panel important de représentant-e-s d’États impérialistes, comme Angela Merkel, David Cameron, des dictateurs et criminels de guerre comme Serguei Lavrov, Erdogan, Netanyahou ou encore Ali Bongo. « L’unité nationale », c’est donner encore plus d’armes à nos ennemis. C’est permettre au nationalisme et au fascisme de se propager et leur donner raison.

    Nous n’oublions pas que ce sont les États occidentaux qui ont financé et armé les extrémistes religieux quand cela les arrangeait, dans une perspective de déstabilisation politique des pays ayant des richesses afin de plus facilement les contrôler.

    Nous savons que l’État et la bourgeoisie vont profiter de ces attentats pour intensifier la guerre de classe : après avoir déjà voté des lois liberticides, dites antiterroristes, les politiciens s’apprêtent à renforcer l’appareil sécuritaire étatique et continuent de s’en prendre aux minorités nationales. La violence d’État va se renforcer et tout sera fait pour faire perdre du terrain au mouvement social et aux luttes des minorités opprimées.

    En tant qu’anarchistes, nous refusons cette logique mortifère et choisissons l’affrontement de classe, la lutte contre le système capitaliste, impérialiste, raciste et patriarcal. Par ailleurs, nous revendiquerons toujours la critique des religions en tant qu’institutions autoritaires et aliénantes voulant imposer ses idées.

    Le groupe Un Autre Futur – CGA 34

    Par Groupe Un Autre Futur Anti-racisme Antifascisme Sécuritaire
  • LOPPSI 2, un État sécuritaire, pourquoi faire ?

    25 Jan 2011

    De nombreux textes ont été votés ces dix dernières années en matière de sécurité, de procédures pénales, de contrôle et de répression visant des pans de plus en plus larges de la population. C’est d’abord en s’affichant sous le prétexte de la sécurité et de la protection des biens et des personnes en particulier de la « France d’en-bas » que l’État a fait voter ces lois.

    Aujourd’hui, un nouveau texte vient d’être voté qui renforce la logique de perte des libertés publiques et privées et renforce des pouvoirs de plus en plus imposants d’un État policier, voire totalitaire.

    La LOPPSI 2 est une hydre à mille têtes, un monstre qui impose à la fois l’instauration d’une milice légale, un fichage centralisé, un évitement systématique de la justice, multiplie par 3 les caméras de vidéo-surveillance, donne pouvoir aux préfets d’expulser et de détruire toute forme de logement précaire et/ou alternatif, augmente le pouvoir policier par le fichage informatique (mouchards dans les ordinateurs), autorise les couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans non accompagnés le soir, oblige à pratiquer systématiquement un test de dépistage du VIH, instaure une censure politique d’Internet, etc… Pourquoi toutes ces mesures ?

    Pour accentuer la peur de l’autre

    En trouvant dans les journaux télévisés un relais de leur propagande sur l’insécurité en France, les différents gouvernements contribuent à installer dans l’opinion publique, un sentiment de plus en plus fort de peur de l’autre, surtout lorsque cette figure de l’autre s’apparente à celle de l’étranger, du marginal ou du radicalement différent de soi.

    Elle favorise l’acceptation de mesures qui criminalisent toujours plus des catégories de la population sur lesquelles pèsent déjà des représentations extrêmement négatives du fait d’une précarité et d’une exclusion accrue : sans-papiers, gens du voyage, mineurs considérés comme délinquants SDF, personnes considérées comme malades psychiques, personnes ayant fait des choix de vie « alternatifs » au modèle salarial dominant, tous ceux-lles–là font les frais en premier de ces lois.

    Leur but est bien de faire augmenter ce sentiment de peur afin de pousser les gens à rester enfermés chez eux, en se méfiant de tout le monde, pour qu’ils appellent au Léviathan de l’État afin de les protéger. Ces lois nous menacent en réalité toutes et tous en nous montant les uns contre les autres, en rognant chaque fois un peu plus encore les libertés collectives et individuelles de l’ensemble de la population sans s’attaquer aux causes profondes du mal être et de la violence de nos sociétés.

    Pour gérer les dégâts de l’économie de marché

    Ce sont celles et ceux qui sont à la tête des États qui en généralisant la précarité, en cassant les solidarités et les acquis sociaux sont les premiers responsables de cette situation.

    Ceux-lles qui ne veulent pas rompre avec le capitalisme, la patriarcat, qui régissent nos vies et engendrent autant d’inégalités et de déshumanisation, ne peuvent que gérer et cultiver la misère.

    L’ordre moral, le fichage généralisé, l’enfermement, la délation apparaissent alors comme des stratégies de gestion du système qu’ils utilisent pour rester au pouvoir quitte à faire empirer les tensions sociales. Nous sommes pour eux des variables d’ajustements.

    Pour renforcer le totalitarisme à travers la manipulation des émotions

    Pour être élus et réélus, les gouvernements n’ont de cesse d’utiliser sans le nommer le populisme dont se nourrit l’extrême droite depuis toujours : trouver chez l’autre l’origine de ses propres difficultés, penser que la misère sociale va diminuer en chassant celles et ceux désignés comme les profiteurs du système, les envahisseurs.

    L’État totalitaire par définition ne laisse pas la place aux différences, désigne ses ennemis intérieurs et les enferme, contrôle tout jusqu’à la vie privée des individus. Si vous voulez voir qui vous voulez, nu (scanner corporel) ou habillé, partout où il se trouve (caméra), tout savoir de lui (plaque d’immatriculation, numéro de téléphone, adresse, date de naissance, état de santé), jusqu’à ce qu’il pense et apprécie (fichiers sur son ordinateur personnel), la LOPPSI va le rendre possible.

    Ne courbons pas l’échine

    Il est urgent d’élaborer des perspectives communes en rupture avec toutes ces logiques. Nous devons lutter ensemble pour des modèles d’éducation différents, pour une répartition des richesses égalitaire, pour la liberté de choisir son lieu de résidence, son mode d’habitat, ou tout simplement son mode de vie.

    Les élections de 2012 ne changeront rien au problème parce que le système électoral actuel ne laisse aucun contrôle à la population sur les agissements des candidat-e-s une fois élu-e-s. Si demain nous étions 10 millions dans la rue, nous ferions plier n’importe quel gouvernement et au-delà, peut-être avancerions-nous enfin vers une société égalitaire et libertaire.

    Contre cette loi qui stigmatise clairement les plus impliqué-e-s dans les résistances sociales il faut montrer à l’État que de plus en plus de personnes sont prêtes à jeter les bases idéologiques et pratiques d’une autre société débarrassée du contrôle Étatique sur les individus, dans laquelle aucun être humain ne serait illégal, ni par son origine, ni par son choix de vie, ni par son choix d’habiter, ni par son choix de penser et d’agir différemment.

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    Par Groupe Un Autre Futur Sécuritaire
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