Il y a des sites web qui ressemblent à une autre époque : fond simple, arborescences, liens partout… et pourtant, derrière cette apparence “web 1.0”, on trouve parfois de véritables machines à explorer. C’est le cas du site cataphile de Dimitri Mouton, qui propose des “visites virtuelles” des catacombes et carrières parisiennes : une exploration par images, organisée comme un parcours, réalisée avec l’aide de son frère Rémy, qui a développé un outil en Java pour saisir une base de données et générer les pages.

Ce type de site cherche à ne surtout pas “faire le buzz”. Il fonctionne comme un carnet d’exploration participatif : les lieux sont classés, décrits, reliés entre eux. Sur CKZone, l’auteur explique d’ailleurs avoir remis ces visites en ligne en prévenant qu’il n’y avait pas eu de mise à jour depuis une dizaine d’années — ce qui dit aussi quelque chose de la fragilité (et de la persistance) de ces archives personnelles.
Ce qui est fascinant, c’est que ces pages s’inscrivent dans tout un “entremet de passionnés”, fait d’annuaires, de liens croisés, et de sites amis. Certains répertoires cataphiles citent explicitement le site de DiM comme une référence de visites virtuelles. On est loin du fil Instagram : ici, la visite devient une documentation, presque une cartographie culturelle.
Et le genre ne disparaît pas : il se transforme. Aujourd’hui, des projets comme Subterranologie proposent des visites virtuelles 360° du patrimoine souterrain. Ailleurs, des initiatives autour de lieux mystérieux — comme les Arêtes de Poisson à Lyon — montrent comment une “visite virtuelle” peut exister à la fois en version institutionnelle et en version passionnée, portée sur le temps libre, l’enquête et la mise à disposition au public.

Au fond, ces sites racontent une autre manière d’écrire le voyage : moins immédiate, moins performative, mais plus durable. Ils prouvent qu’internet n’est pas seulement un flux : c’est aussi une bibliothèque de curiosités, tenue par des gens qui documentent l’invisible — pour le plaisir de comprendre, de transmettre, et de “visiter” autrement.
Jassiel Villarroel Rodríguez.


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